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L’éducation des filles comme clé pour la prévention du SIDA

Publié 1 septembre 2006 Mis à jour 1 septembre 2006

Il est grand temps de s’attaquer à la vulnérabilité des filles face au VIH et au SIDA et de soutenir le rôle crucial du secteur de l’éducation pour combattre la pandémie.

Tel était le message que Mary Robinson, ancienne Présidente d’Irlande, a délivré lors de la 16ème Conférence Internationale sur le SIDA, tenue du 13 au 18 août 2006 à Toronto, Canada. Environ 24.000 délégués du monde entier ont échangé leurs dernières recherches et stratégies sur la prévention, le traitement et les droits pour les personnes vivant avec le VIH et le SIDA.

« Aujourd’hui, le SIDA a le visage d’une jeune fille » a annoncé Robinson. « Dans l’Afrique seule, 6,4 millions de jeunes gens entre 16 et 24 ans sont infectés par le virus, dont 75% sont des filles et des jeunes femmes ».

Robinson a rendu hommage aux organisateurs de la Conférence qui, pour la première fois, ont placé en priorité absolue le rôle de l’éducation, spécifiquement pour les filles.

Pour Robinson, « l’éducation est le meilleur investissement pour le futur ». « L’école sauve potentiellement la vie ». Les milliers de personnes dans l’audience ont manifesté leur soutien à sa déclaration par de forts applaudissements.

Comme l’IE, Robinson a souligné le lien indéniable entre l’objectif de l’Education Pour Tous (EPT) et la capacité des systèmes d’éducation publique à contribuer avec succès à prévenir l’infection par le VIH. Pour elle, dans tous ces efforts, l’accent doit tout spécialement être mis sur l’égalité entre les genres.

Elle a insisté sur le fait que « les gouvernements doivent honorer leur engagement en faveur des objectifs de l’éducation et renforcer la coordination entre l’EPT et le VIH ». « Ces ponts sont absolument nécessaires ».

L’IE a également tenu un rôle à cette conférence. Gertrude James et René Jolibois, coordinateurs du programme EPT/SIDA respectivement de Guyane et d’Haïti, et Zainab Akiwumi de l’Organisation Mondiale de la Santé en Afrique du Sud ont pris la parole lors d’une session spéciale très suivie sur le rôle des enseignants et leurs syndicats dans le combat contre le VIH et le SIDA. Tous les orateurs ont souligné le manque d’initiative de la part de leurs gouvernements respectifs pour assurer une formation nécessaire et systématique des enseignants avant et pendant leurs fonctions.

Les scientifiques à cette conférence ont rapporté que parmi les plus d’un million de personnes suivant maintenant un traitement, 90% vivent dans des pays industrialisés. Par contraste, 90% des personnes infectées par le VIH vivent dans des pays en développement, où ils n’ont pas accès à un traitement.

Aujourd’hui, le nombre de personnes soignées est moins élevé que les 3 millions de personnes sous traitement qui était l’objectif global à atteindre en 2005,. La pauvreté et le manque d’accès aux médicaments antirétroviraux constituent encore des obstacles majeurs pour sauver des millions de vies.

Par Wouter van der Schaaf

Wouter van der Schaaf est le coordinateur responsable du programme EPT/SIDA à l’Unité Campagnes de l’IE .