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Droits positifs

Publié 16 janvier 2009 Mis à jour 16 janvier 2009

Le programme de l'IE combinant l'Education pour tous et la prévention contre le sida, appelé EPT/SIDA, est mis en œuvre dans 50 pays en Afrique, Amérique latine, Asie, et dans les Caraïbes.

La protection des droits des enseignants et des élèves vivant avec le VIH fait partie du programme au même titre que la prévention contre le VIH. Les enseignants affectés par le VIH font assurément face à des défis d’une toute autre ampleur que ceux de leurs collègues.

« La situation de nos collègues affectés par le VIH ou le SIDA est pire, en raison du prix inabordable des soins médicaux par rapport au maigre salaire d'un enseignant », selon Tendai Chikowore, Présidente de l’Association des enseignants du Zimbabwe (ZIMTA). Une des nombreuses actions à accomplir consiste à rendre le traitement abordable pour que les enseignants reçoivent l'aide dont ils ont besoin pour travailler efficacement et vivre correctement.

Le Programme EPT/SIDA ne promeut pas seulement leur droit à la prévention, au traitement et aux soins contre le VIH, mais aussi leur droit de travailler sans subir de discrimination. Les enseignants ont le droit de continuer à travailler et partager leur savoir et leur expérience, indépendamment de leur état. Développer une réponse globale pour les personnels séropositifs est crucial non seulement pour le bien-être de ces derniers, mais également pour le bien du secteur éducatif dans son ensemble. Les objectifs de l’Education pour tous ne seront pas atteints tant que l'impact du VIH et du SIDA dans le secteur de l'éducation restera sans réponse adéquate.

Les réseaux d'enseignants séropositifs sont des alliés très puissants dans la lutte contre le VIH et le SIDA. L’Association des enseignants positifs du Kenya (KENEPOTE) a été fondée il y a plus de cinq ans par deux enseignants séropositifs. Cette organisation est aujourd'hui prospère et compte plus de 3000 membres. Le succès des enseignants kenyans après des débuts modestes a inspiré d'autres réseaux en développement tels que le Groupe d’action anti-SIDA des enseignants ougandais (TAAG) et l’Initiative des enseignants positifs de Tanzanie (TAPOTI+) ainsi que des initiatives plus récentes en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe.

Collaborer avec ces réseaux peut être très efficace pour aider les syndicats à renforcer leur soutien aux enseignants séropositifs. Parallèlement, les réseaux qui sont intégrés dans la structure syndicale peuvent mobiliser les adhérents et attirer des ressources pour leurs activités.

Les syndicats impliqués dans le Programme EPT/SIDA au Kenya, en Ouganda et en Zambie collaborent avec les réseaux d'enseignants séropositifs afin de faire pression en faveur de l'accès au traitement, d'organiser des ateliers et de mettre en œuvre des politiques sur les lieux de travail.

Le développement de politiques centrées sur le VIH et le SIDA au travail a constitué une étape importante dans la lutte en faveur des droits des enseignants séropositifs. Mettre concrètement en œuvre cette politique et faire en sorte que son effet bénéfique soit ressenti par les enseignants dans leurs classes est un défi permanent, mais il doit être relevé.

Une implication plus grande de la part des personnes atteintes par le VIH ou le SIDA consolide le programme et le rend plus pertinent.

Comme le dit Margaret Wambete de KENEPOTE : « Les enseignants séropositifs constituent une partie de la solution, et non un problème, pour lutter contre le VIH et le SIDA dans le secteur de l'éducation ».

Par Julie Kavanagh. Julie Kavanagh est assistante professionnelle de l’IE pour les programmes de solidarité et de développement.

Cet article a été publié dans Mondes de l'Éducation, No. 28, décembre 2008.