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Résolution: Situation Au Maroc

Publié 2019-09-25 Mis à jour 2019-09-25

Le 8e Congrès mondial de l'Internationale de l'Éducation (IE), réuni à Bangkok, en Thaïlande, du 21 au 26 juillet 2019 :

(1) Le Maroc connait des mécontentements et des frustrations sociales croissantes du public face aux politiques néolibérales générales de l’État, qui échappent, de plus en plus, à sa responsabilité de garantir le droit d’accès aux services publics, en particulier le droit à l’éducation. Le secteur de l'éducation et de la formation souffre d’un ensemble de mesures, de lois et d'accords visant à soutenir le secteur privé sous différentes formes : le taux de participation à l'offre d'enseignement scolaire atteint aujourd'hui près de 20%, tandis que l'enseignement primaire est toujours absent de la vision de l'État.

(2) Concernant l’enseignement supérieur, le lobby du secteur privé a pu faire adopter un certain nombre de lois facilitant et encourageant les investissements dans ce type d’enseignement et a permis d’apporter un soutien financier direct à un certain nombre d’universités privées, ce qui constitue l’une des graves lois destructrices qui entravent l’école publique et qui visent à la privatiser et la rendre comme un banal produit commercial et mercantile.

(3) Ainsi, l’Etat fait recours au contrat de travail direct sous le prétexte de flexibilité, ce qui frappe de plus profond la qualité de l’enseignement en l’absence de formation pédagogique, et menace la stabilité psychologique, sociale et juridique de l’emploi et affecte également l’exercice des droits syndicaux.

(4) Tous ces projets relèvent de la subordination aux institutions financières internationales, en particulier du Fonds monétaire international (FMI), alors que l'État marocain ne respecte pas les pactes et traités internationaux et nationaux qu'il a ratifiés en matière d'éducation et de droits de l'homme.

(5) En tant que syndicats d’enseignement, le SNE-CDT, le SNE-FDT et le SNESUP sont confrontés à cette attaque systématique et sans précédent contre la gratuité de l’enseignement et à la promulgation par l’État de lois visant à promouvoir et à privatiser l’éducation. Les syndicats sont engagés dans la campagne internationale contre la marchandisation et la privatisation de l’éducation.

(6) A cet effet, le 8e Congrès mondial de l’IE, réuni à Bangkok du 21 au 26 juillet 2019, exige de l’État marocain qu’il :

(i) garantisse à tous les Marocains un enseignement public, gratuit et de qualité, en tant que droit de l'homme et dans le plein respect des obligations qui incombent à l'État pour atteindre le quatrième objectif des objectifs de développement durable ODD4 ;

(ii) réhabilite les travailleurs du secteur en améliorant leurs conditions physiques, sociales et professionnelles ;

(iii) abandonne le système de recrutement par contrat dans ce secteur stratégique ;

(iv) cesse son engagement et encouragement du projet du « Education Outcomes Fund » (EOF).