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John Thompson Fellowship, une formation essentielle au développement des syndicats et de la qualité des enseignant·e·s dans le Pacifique

Publié 2020-02-04 Mis à jour 2020-02-04

Des syndicats de l'éducation de cinq pays insulaires du Pacifique ont bénéficié d'une formation dans le cadre du programme John Thompson Fellowship. Ils ont été soutenus pour renforcer la voix des enseignant·e·s et leur représentation afin de contribuer aux réformes de l'éducation.

La résolution des conflits, les négociations syndicales et le recrutement de jeunes membres faisaient partie des compétences développées par des syndicalistes des îles du Pacifique lors de la formation dispensée dans le cadre du programme John Thompson Fellowship pour 2019-2022.

Du 4 au 16 novembre 2019, 24 représentant·e·s syndicaux·ales de cinq pays (Papouasie-Nouvelle-Guinée, Tonga, Vanuatu, Salomon et Fidji) ont suivi la formation à Nadi (Fidji).

L'histoire des syndicats, les énoncés de mission, la vision, les structures, la communication, le travail en équipe et la prise de décision ont également été abordés dans le cadre de cette formation. Destinée à la Papua New Guinea Teachers Association, au Friendly Islands Teachers’ Union/Tonga, au Vanuatu Teachers’ Union, à la Solomon Islands National Teachers’ Association, à la Fiji Teachers’ Association, au Fiji Teachers’ Union et à l'Association of the University of the South Pacific Staff/Fiji, cette formation a été organisée pour répondre aux défis rencontrés par les syndicats d'enseignants et le secteur de l'éducation dans les îles du Pacifique.

Le programme de formation était dirigé par des représentant·e·s de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants, de l’Australian Education Union, du Bureau régional Asie-Pacifique de l’Internationale de l’Éducation et du Conseil de l’éducation du Pacifique.

Le format du programme John Thompson Fellowship vise à dispenser une formation syndicale approfondie de deux à trois semaines en abordant tous les aspects du travail syndical.

Renforcement des capacités

La formation a renforcé la capacité des participant·e·s à préparer un plan stratégique à présenter au bureau exécutif de leur syndicats au cours des trois prochains mois, puis à le mettre en œuvre au sein de leur syndicat respectif. 

Les trois principaux enseignements que les participant·e·s ont retirés de cette formation étaient les suivants:

•L'importance d’élaborer un bon plan stratégique.

•Devenir un·e bon·ne dirigeant·e.

•Développer des techniques de négociation et de résolution de conflits.

Les participant·e·s ont également reconnu l'importance d'avoir de bons outils de communication, d’établir des structures syndicales fortes, inclusives et durables et de travailler à l'autonomisation des jeunes. La formation a connu un tel succès que près de quatre participant·e·s sur 10 (soit 38%) ont déclaré qu’il·elle·s changeraient leur comportement en tant que dirigeant·e, selon Anand Singh, Coordinateur régional principal de l’Internationale de l’Éducation pour l’Asie-Pacifique.

L’Internationale de l’Éducation et le Conseil de l’éducation du Pacifique suivront les progrès accomplis dans la mise en œuvre des plans d’action stratégiques et se sont engagés à fournir l’appui technique nécessaire.

Un suivi rigoureux garantira que les militant·e·s ayant bénéficié de la formation sont bien en mesure de renforcer leurs organisations.

Contexte 

Les 14 pays des îles du Pacifique abritent deux millions d’habitant·e·s, dont la moitié ont moins de 18 ans. Au total, 18 organismes dans neuf pays sont affiliés à l'Internationale de l’Éducation. 

Les préoccupations sectorielles concernant la qualité des enseignant·e·s et de l’éducation, ainsi que les taux élevés d’abandon scolaire dans la région, ont conduit les pays pauvres en ressources à solliciter une assistance pour améliorer la qualité de l’éducation. Cette démarche a également déclenché diverses réformes remettant en cause le statut et les conditions de travail des enseignant·e·s. Il y a cependant place à amélioration dans la capacité de certains syndicats à résister aux tactiques gouvernementales de dénigrement des syndicats et aux réformes de l'éducation menées à l'échelle internationale.

De plus, les enseignant·e·s et leurs syndicats opèrent dans un environnement fortement mis à l'épreuve par les changements climatiques, l'élévation du niveau de la mer, les catastrophes naturelles, les sécheresses, les inondations et les cyclones. Parmi les autres défis, citons la violence persistante fondée sur le genre et les faibles progrès dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Il peut également être difficile d'intégrer les Objectifs de développement durable aux programmes de développement nationaux et de rendre compte de l'avancement des Objectifs de développement durable. Tous ces défis sont extrêmement contraignants pour les enseignant·e·s, dont les syndicats doivent déjà atténuer l'impact négatif des changements dans les politiques d'emploi des enseignant·e·s et leurs conditions de travail.