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RDC : appel syndical au gouvernement pour remédier aux maux dans l'enseignement primaire, secondaire et technique

Publié 2021-02-22 Mis à jour 2021-02-22

Alors que les cours ont repris le 22 février dans les établissements publics et privés de l'enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), la Fédération nationale des enseignants du Congo-Union Nationale des Travailleurs du Congo (FENECO-UNTC) a publié une déclaration portant ses recommandations au gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) en vue de résoudre les « problèmes qui gangrènent l'EPST ».

À l’occasion de la reprise des cours dans les établissements publics et privés qui dispensent l'EPST, dans une déclaration en date du 20 février, la FENECO-UNTC a présenté à nouveau son « cahier de charges ».

Cette déclaration vise, d'une part, à éclairer l'opinion publique, et, d’autre part, en tant que partenaire officiel dans la gestion de la politique éducative, à présenter ses recommandations au gouvernement. 

Une reprise des cours bienvenue pour la formation des élèves et les conditions sociales des enseignant·e·s

Le Bureau exécutif de la FENECO-UNTC s’y réjouit tout d’abord de « la levée de cette mesure de suspension des cours qui pesait lourdement sur la formation des élèves et sur les conditions sociales des enseignants ‘nouvelles unités’ de l'EPST, ainsi que des enseignants des écoles privées ».

Il insiste également sur le fait que, « quand bien même que le Comité multisectoriel de la riposte contre la COVID-19 a donné le feu vert pour cette reprise, le gouvernement devait associer les enseignants à travers leurs syndicats pour évaluer l'état de lieux des établissements devant accueillir les populations scolaires par rapport à leur protection contre la COVID-19 ».

Pour une gestion rationnelle et claire, une éducation de qualité et une bonne prise en charge de l'enseignant·e 

Présentant dans la déclaration les recommandations syndicales, le secrétaire général de la FENECO-UNTC, Augustin Tumba Nzuji, a invité le gouvernement, « à mettre les bouchées doubles pour apaiser les esprits des uns et des autres ». 

Selon lui, « l'heure n'est plus à des tergiversations inutiles car les problèmes qui gangrènent l'EPST sont connus de tous ». 

Il faudrait une vraie volonté politique et du courage pour remettre les pendules à l'heure pour une gestion rationnelle et claire, une éducation de qualité et une bonne prise en charge de l'enseignant·e, a-t-il ajouté. 

Tumba Nzuji a souligné que ceci permettrait d’« améliorer au plus vite la qualité de nos ressources humaines et l'indice de développement humain, facteur de développement de toute nation ».

Les recommandations de la FENECO-UNTC aux autorités publiques

Au nombre de neuf, les recommandations syndicales sont les suivantes :

  • Dépouiller d'urgence le fichier SECOPE (Service de contrôle et de paie des enseignants) des faux·fausses enseignant·e·s et établissements scolaires, restructurer ce service et rendre public le répertoire de tous les établissements scolaires et tou·te·s les enseignant·e·s payé·e·s par l'État congolais ;
  • Payer sans délai tou·te·s les vrai·e·s enseignant·e·s ‘nouvelles unités’ de l'éducation de base qui sont à la charge des ministères de l'EPST et des Affaires sociales ;
  • Convoquer la commission paritaire responsable pour la signature du Protocole d'accord qui doit être appliqué urgemment et justifier l'utilisation des frais de mission qui y sont liés ;
  • Payer le repas pour la correction de la dernière édition de l'examen d'État ;
  • Rationaliser le fonctionnement des syndicats en interdisant des « promotions et affectations inopportunes, fantaisistes et scandaleuses des cadres syndicaux » ;
  • Accélérer les instructions des dossiers en justice mettant en cause les hauts cadres de l'EPST pour responsabiliser le secteur et améliorer davantage sa gestion ;
  • Améliorer le partenariat avec les banques chargées de payer les salaires des enseignant·e·s, banques « qui se distinguent pour la plupart par des abus » ;
  • Protéger les enseignant·e·s contre les abus des gestionnaires qui réclament dîmes, frais de loyer et autres frais sur les salaires ;
  • Protéger le secteur de l'éducation contre les abus des hommes et femmes politiques et contre tous les autres fléaux qui minent le secteur, comme la corruption, le tribalisme ou le favoritisme.