Pays-Bas: les éducateurs/trices toujours en Code rouge

Les éducateurs/trices néerlandais(e)s sont actuellement en grève pour demander des salaires décents et une charge de travail normale, et prient instamment le gouvernement de prendre des mesures claires et radicales contre le surmenage et la pénurie d’enseignant(e)s dans l’enseignement primaire.

Plusieurs grèves régionales sont prévues, la première vague ayant déferlé dans les provinces de Groningue, de la Frise et de Drenthe ce 14 février.

Une pénurie d’enseignant(e)s d’autant plus flagrante avec la grippe saisonnière

L’Algemene Onderwijsbond (AOb), un affilié de l’Internationale de l’Education (IE), a signalé que la grippe saisonnière faisait le jeu du Front pour l’enseignement primaire (PO-front), à l’heure d’organiser une série d’actions de protestation visant à réduire la charge de travail et à augmenter les salaires.

« La pénurie d’enseignants aux Pays-Bas est d’autant plus flagrante avec la grippe saisonnière. Depuis le début du mois de février, les écoles font part de leurs difficultés à trouver des remplaçants pour leurs collègues en congé maladie. Aucun enseignant remplaçant n’est disponible, les étudiants sont renvoyés chez eux, les établissements supplient les enseignants à la retraite de prêter main forte, le personnel éducatif à temps partiel fait des heures supplémentaires, les directeurs d’école enseignent toute la semaine et ceux qui commencent à tomber malade continuent de donner cours, même s’ils ne devraient pas », a signalé l’AOb.

Des mesures timides pour satisfaire les demandes des éducateurs/trices

Après plusieurs manifestations en juin, octobre et décembre 2017, le gouvernement néerlandais a commencé à prendre des mesures timides. Le ministre de l’Education, Arie Slob, a décidé, contre toute attente, de rendre public son budget, dont la publication était initialement prévue pour 2021. Ce budget permettra de prendre des mesures visant à réduire la charge de travail.

Les organisations syndicales et patronales du PO-front ont salué cette décision et estiment qu’il s’agit là d’une première étape décisive. « La charge de travail ne peut être réduite que si nous disposons d’un nombre suffisant d’enseignants. Pour attirer davantage de personnes dans la profession, il faut que les salaires augmentent de façon substantielle. C’est pourquoi la série de grèves annoncée aura lieu comme prévu », a ajouté l’AOb.

Susan Flocken, Directrice européenne du Comité syndical européen de l’éducation (CSEE), la Région européenne de l’IE, a salué le compromis obtenu et a souligné « qu’il [était] grand temps pour les autorités éducatives de réellement s’engager en faveur d’une éducation de qualité et de redorer le blason de la profession enseignante. En cette époque de changements démographiques, il est crucial de conserver les enseignants qualifiés et d’en attirer de nouveaux ».

En effet, comme l’a fait remarquer la Directrice européenne, l’éducation de qualité repose sur des conditions de travail et des salaires décents, nécessaires pour conserver des professionnel(le)s qualifié(e)s et engager de jeunes enseignant(e)s qualifié(e)s.

« Le CSEE soutient l’action de l’AOb et est convaincu que les grèves permettront de faire un pas en avant supplémentaire et significatif pour les enseignantes et enseignants aux Pays-Bas », a-t-elle conclu.

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