Cambodge: l’éducation devient un thème prédominant de la campagne électorale

S’il faut se réjouir que l’éducation soit devenue un axe majeur des débats lors de l’actuelle campagne électorale au Cambodge, les syndicalistes enseignant(e)s n’oublient pas de faire observer les manques, surtout financiers, dont souffre le système scolaire national, auxquels les pouvoirs publics doivent remédier.

A l’approche des législatives du  29 juillet au Cambodge, le Premier ministre du Cambodge Hun Sen a placé l’éducation au cœur de sa campagne pour sa réélection.

« Je veux que chaque district ait un lycée, chaque commune un collège et chaque village une école », a-t-il déclaré.

Dans ce pays jeune, où un tiers de la population a entre 15 et 30 ans selon les chiffres des Nations Unies, les autorités publiques ont compris leur intérêt à miser sur l’éducation. En effet, 300.000 jeunes Cambodgiens entrent en effet chaque année sur le marché du travail, souvent sans qualification adaptée.

Sam Rainsy, le chef de l’opposition politique, a toutefois dénoncé des « mesures de façade » et l’émergence de formations privées qui se révèlent « des usines à diplômes sans utilité ».

Il n’y a pas assez de livres

Dans les écoles classiques, « sans même parler des équipements modernes tels que les ordinateurs, il n’y a pas assez de livres », a de son côté critiqué Rong Chhun de la Cambodia Independent Teachers' Association (CITA), affiliée à l’Internationale de l’Education.

Une corruption rampante et la pratique courante des cours particuliers, payants, rend le système éducatif cambodgien inégalitaire. Et l’impact du régime des Khmers rouges, qui a vu mourir un quart de la population dans les années 1970, notamment des intellectuel(le)s comme les enseignant(e)s, considéré(e)s alors comme des ennemi(e)s du peuple, se fait toujours sentir aujourd’hui. Il subsiste un déficit toujours marqué en enseignant(e)s, les jeunes diplômé(e)s étant de surcroît peu attirés par une profession mal rémunérée.

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