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Les femmes syndicalistes dressent le bilan de la situation des femmes dans le monde aujourd’hui

Publié 21 janvier 2011 Mis à jour 21 janvier 2011

Le premier jour de la première Conférence mondiale des femmes de l’IE « Objectif Égalité !» a débuté par un bilan de la situation des femmes dans le monde, trente ans après la rédaction de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et quinze ans après le lancement de la Plateforme d’Action de Pékin (1995).

Irene Adanusa, Vice-présidente de l’IE, a souhaité la bienvenue aux participant(e)s. Elle les a remercié(e)s d’avoir fait le déplacement à Bangkok pour cette conférence, qui marque un pas important en direction de l’un des principaux objectifs de l’IE: la réalisation de l’égalité des genres.

Susan Hopgood, Présidente de l’IE, a prononcé le discours inaugural, en insistant sur les jalons qui ont marqué l’amélioration de la condition de la femme dans la société, mais en soulignant également les défis actuels que rencontrent les femmes dans le monde.

« Nous sommes en mesure de promouvoir le changement, de réaliser des transformations », a-t-elle déclaré. «Nous travaillons dans le bon secteur: l’éducation, et nous sommes le bon cadre organisationnel: les syndicats. Notre mission est de lutter pour la qualité de nos systèmes éducatifs à la fois au niveau politique et pratique, pour la force de nos syndicats et pour la justice pour les femmes dans le cadre de l’Education pour Tous.»

Sylvia Borren, la Co-présidente de la campagne Action mondiale contre la pauvreté,a présidé les discussions qui ont suivi. Elle a présenté la première intervenante, Christine Nathan, du Bureau de l’Organisation internationale du Travail à Bangkok. Mme Nathan a expliqué aux participantes que l’égalité des genres dans les droits va de pair avec l’égalité des genres au travail. Elle a souligné que le programme de l’OIT pour un travail décent défend la mise en œuvre des normes fondamentales en matière d’égalité entre les hommes et les femmes.

L’intervenante suivante était Fatima Da Silva, la Vice-présidente du comité régional de l’IE pour l’Amérique latine, qui vient du syndicat d’enseignants CNTE au Brésil. Sous le thème « Pouvoir des femmes et politique », Mme Da Silva a approfondi la question du rôle accru que les femmes devraient jouer dans le leadership.

La troisième intervenante, Gemma Adaba, est l’ancienne représentante de la Confédération Syndicale Internationale auprès des Nations Unies. Mme Adaba s’est penchée sur la question du financement de l’agenda relatif à l’égalité des genres et sur le fait qu’il est important que les femmes syndicalistes soient à la pointe de ces discussions. La seule manière de faire en sorte que l’agenda devienne réalité est d’établir un lien entre le niveau international et le niveau local, et d’obliger les gouvernements à rendre des comptes.

La Secrétaire générale adjointe de l’IE, Jan Eastman, a ensuite présenté les principales conclusions de l’enquête de l’IE sur la situation des femmes dans les syndicats d’enseignants. L’enquête, qui sera présentée lors du prochain Congrès mondial en juillet, a obtenu le taux de réponse le plus élevé par rapport aux enquêtes précédentes. Mme Eastman a insisté sur la corrélation entre la portée du cadre juridique et l’existence d’une politique syndicale en matière d’égalité des genres et sur le fossé profond qui sépare les dispositions légales et la mise en œuvre effective des politiques en matière d’égalité des genres, y compris le déséquilibre au niveau des postes de direction occupés par les femmes alors qu’elles représentent entre 50 et 80% des effectifs syndicaux.

Enfin et surtout, Joyce Powell, syndicaliste enseignante expérimentée et membre du Bureau exécutif de la National Education Association(NEA) aux Etats-Unis, s’est adressée aux participantes. Elle a retracé le travail réalisé par la NEA pendant un siècle pour faire progresser les droits des femmes. Elle a aussi présenté différentes femmes qui ont fait leur chemin jusqu’à occuper aujourd’hui des postes de direction, comme l’actuelle Présidente de l’IE, Susan Hopgood, et la Présidente fondatrice de l’IE et ancienne Présidente de la NEA, Mary Hatwood Futrell. « Notre action collective en tant que syndicalistes peut jouer un rôle vital dans l’amélioration de la vie des femmes », a-t-elle affirmé.

Toutes les intervenantes ont pris part à des discussions animées avec les participant(e)s sur une grande variété de sujets en rapport avec la situation des femmes dans le monde aujourd’hui. Un consensus s’est dégagé pour affirmer que les syndicats peuvent faire plus en prenant appui sur les réalisations passées et qu’il est essentiel que les hommes soient inclus dans la lutte. Traditions, religions et culture ont été citées le plus fréquemment comme étant les principaux obstacles à l’égalité des genres. Le rôle majeur des familles a également été mis en évidence en tant que facteur important pour ne pas perpétuer les stéréotypes de genre à la maison et dans la vie quotidienne.

Les participant(e)s ont transmis leur énergie et leur dynamisme pour poursuivre la lutte afin d’atteindre l’égalité des genres.

La Conférence mondiale des femmes, qui a rassemblé 380 syndicalistes enseignantes des organisations membres de l’IE du monde entier se poursuivra jusqu’au 23 janvier.

Toutes les photos de l’événement sont disponibles sur notre page Flickr.

Pour plus d’informations, veuillez consulter notre site: www.ei-ie.org/women2011.

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