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Centrafrique: les enseignants continuent à exercer malgré la violence

Publié 22 février 2011 Mis à jour 22 février 2011

L’IE soutient les enseignants de République centrafricaine qui luttent pour donner une éducation de qualité à leurs étudiants malgré des décennies de violence politique.

Le site internet allAfrica a rapporté qu’à cause de destructions et déplacements massifs, le secteur éducatif avait été sévèrement touché par une pénurie sévère d’enseignants et d’infrastructures matérielles adéquates. Des milliers d’enfants n’ont pas cours dans des bâtiments solides en brique, mais dans des « écoles dans la brousse » rudimentaires.

Le fonctionnaire supérieur de l’éducation de l’UNICEF dans le pays, Farid Boubekeur, a fait savoir au service des nouvelles humanitaires et d’analyse du Bureau de l’ONU de la coordination des affaires humanitaires que « les besoins étaient énormes et les fonds insuffisants. Des infrastructures plus appropriées, ainsi que des enseignants qualifiés sont nécessaires. A cause des difficultés dans les zones du Nord touchées par le conflit, les disparités en termes d’accès et de qualité s’aggravent. »

De nombreux élèves qui allaient à l’école dans le nord-est du pays ont été obligés de fuir leur maison suite au conflit entre les groupes rebelles et les forces gouvernementales. Ils vivent désormais dans des camps informels dans et autour des villages. D’après l’UNICEF, il y a plus de 5000 enfants en âge d’aller à l’école primaire et un total de 19 écoles dans la sous-préfecture M'Brès, 10 construites dans des matériaux semi-périssables. Parmi les 76 enseignants, 40 sont des parents d’élèves, sans aucune qualification.

Conformément aux statistiques nationales présentant une moyenne d’un enseignant pour environ 94 étudiants, l’Ecole Ouande dans le village de Linguiri dispose de deux enseignants, tous deux employés par le gouvernement, et d’un stagiaire. Contrairement aux deux enseignants qui gagnent un salaire de 60 000 CFA (US$ 120), le stagiaire n’est pas payé, mais est soutenu par les parents qui contribuent de façon volontaire à hauteur de 100 CFA chacun (50 cents).

Les organismes d’aide ont contribué à la construction d’environ 800 écoles dans le nord-ouest, deux-tiers d’entre elles sont des « écoles dans la brousse ». Ils ont également dispensé une formation d’enseignant de base à 2000 parents.

L’IE exhorte les autorités nationales à garantir l’emploi d’enseignants suffisamment formés et qualifiés, à arrêter de recourir à des stagiaires non rémunérés, et à fournir des conditions d’enseignement et d’apprentissage décentes en construisant des infrastructures scolaires et en payant un salaire adéquat aux enseignants.