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R.-U.: les syndicats d'enseignant(e)s votent une grève sur la question des retraites, salaires et licenciements

Publié 2012-04-12 Mis à jour 2012-04-20

A l'occasion de leurs conférences annuelles, deux affiliés britanniques de l'IE, le National Union of Teachers (NUT) et la National Association of Schoolmasters Union of Women Teachers (NASUWT), ont voté en faveur de nouvelles manifestations syndicales, incluant notamment des actions de grève. Ces organisations sont en profond désaccord avec la politique du gouvernement Cameron sur les retraites du secteur public. Au vu des récentes décisions de ces deux syndicats, les écoles de l'ensemble du pays pourraient se mettre en grève à partir de l’été.

Lors de sa conférence annuelle, organisée à Torquay du 6 au 10 avril derniers, le NUT a adopté une résolution appelant le syndicat à collaborer avec ses divisions locales dans le « but d'organiser une autre journée de grève nationale avant la fin juin ».

Cette motion mandate le Bureau pour « chercher à établir une coalition des syndicats souhaitant s'impliquer dans d'autres actions de grève dès l'été et faire ainsi échouer les propositions du gouvernement ».

Rejet catégorique de la politique gouvernementale sur les retraites

« Une écrasante majorité d'enseignantes et enseignants et de syndicats d'enseignants ont catégoriquement rejeté la politique du gouvernement sur les retraites des enseignants », a souligné la Secrétaire générale du NUT, Christine Blower.

« La conférence du NUT a permis d'adopter une stratégie et une position globales en vue de nous assurer de notre capacité à réagir pour donner vie à ce rejet des retraites et obtenir de meilleures conditions pour nos membres afin qu'ils ne doivent pas travailler plus longtemps et payer plus, pour gagner moins. »

Selon le NUT, les propositions du gouvernement amèneront les enseignant(e)s à payer plus pour assurer leur retraite et à travailler plus longtemps, pour gagner moins une fois à la retraite.

Défendre les intérêts des enseignant(e)s

La NASUWT a adopté une résolution soutenant que la poursuite des campagnes d'actions syndicales constituait « le meilleur moyen de protéger et de défendre les intérêts des enseignantes et enseignants et de l'éducation publique jusqu'à la prochaine élection générale », avertissant également que, face aux « attaques virulentes et injustifiées à l'encontre des enseignantes et enseignants, il deviendra primordial d'intensifier les campagnes d'actions syndicales ».

Le Trésorier de la NASUWT, Brian Cookson, a déclaré que, ces deux dernières années, on avait assisté à « des attaques sans précédent, virulentes, pleines de préjugés et totalement injustifiées à l'encontre du secteur public ».

Selon lui, l'éducation figure en première ligne des attaques envers les droits des travailleurs/euses, de la réduction des salaires et de l'augmentation des coûts liés aux retraites.

« En tant qu'enseignants, nous sommes de véritables professionnels et devons être traités en tant que tels. Comme l'a déclaré notre Secrétaire général, ‘l'éducation, ce n'est pas sorcier: c'est bien plus compliqué que cela!’ Nous voulons le meilleur pour nos élèves. L'avenir compte pour nous. Nous sommes convaincus que l'éducation est un droit. »

Les éducatrices et éducateurs ne doivent pas faire les frais la crise économique

L'IE soutient ses affiliés dans leur lutte pour que leurs droits soient respectés par les autorités nationales.

« En notre qualité de représentant de 30 millions d'éducatrices et éducateurs dans le monde entier, nous poursuivrons notre campagne contre la pauvreté et pour le droit de chaque enfant à une éducation, la défense des emplois, des salaires et des retraites décents, et l'avenir de l'éducation contrôlée de façon démocratique », a déclaré la Présidente de l'IE, Susan Hopgood.

Et d'insister: « Les citoyens ordinaires, les travailleurs et les syndicats n'ont pas causé la crise financière mondiale et ne devraient pas être forcés à en payer le prix. »

Elle a déploré l'adoption de mesures d'austérité par de nombreux gouvernements, devant faire face à une dette publique croissante et des contraintes budgétaires en raison du sauvetage du secteur financier. Ces mesures comprennent notamment la diminution des financements publics en faveur de l'éducation, la dérégulation de la profession enseignante, la privatisation de l'éducation et la suppression des droits des employé(e)s à la négociation collective.

« Je suis vivement préoccupée par l'augmentation des abus cautionnés par l'Etat à l'encontre des enseignantes et enseignants, des autres fonctionnaires et des syndicalistes, et leur désignation comme boucs émissaires de la crise financière mondiale », a ajouté Mme Hopgood.

Améliorer l'attrait de la profession enseignante

Le Document politique de l'IE sur l'Education, adopté lors du 6e Congrès mondial de l'IE qui s'est tenu en juillet dernier au Cap, en Afrique du Sud, déclare également qu'« il est urgent d'améliorer l'attrait de la profession enseignante. La génération actuelle d'enseignant(e)s est vieillissante et un nombre alarmant de nouveaux/elles enseignant(e)s quittent la profession au cours de leurs premières années d'emploi. »

Ce document réaffirme: « Il est de la responsabilité des autorités publiques et des dirigeants des institutions éducatives de veiller à ce que les professions enseignante, académique et de la recherche restent attrayantes, tant pour les personnels actuels que pour les personnels potentiels, en assurant que les conditions de travail, les mesures de sécurité sociale, les plans de retraite et de salaires soient attrayants et comparables à ceux d'autres professions exigeant le même niveau de qualifications. L'engagement professionnel des enseignant(e)s et des personnels académiques vis-à-vis de l'éducation et du bien-être de leurs étudiant(e)s doit être reconnu et respecté. »

Et d'insister: « Les salaires, les plans de retraites et les conditions de service pour celles et ceux qui œuvrent dans l'éducation doivent être comparables à ceux d'autres groupes de la société ayant des qualifications similaires. »