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Népal: un atelier des syndicats de l’éducation pour renforcer les compétences

Publié 29 novembre 2012 Mis à jour 10 décembre 2012

La justice sociale et l’égalité des sexes ne sont que deux des thèmes abordés lors de l’atelier de l’IE "Relancer la coopération syndicale pour renforcer la voix des enseignant(e)s", organisé pour les syndicats membres népalais du 10 au 12 octobre.

Les 31 participant(e)s de la Nepal National Teachers’ Association(NNTA) et de la Nepal Teachers’ Association(NTA) ont également débattu de l’éducation des jeunes filles et pris part à des ateliers et formations consacrés aux droits des femmes et à la place des femmes à la tête des syndicats; l’accent a été mis sur la promotion de leur inclusion et de l’égalité par la consolidation des instruments juridiques, la lutte contre l’instabilité sociale, l’importance de désigner davantage d’enseignantes et de créer des écoles accueillantes pour les filles, et la participation accrue des femmes dans les structures décisionnelles de la société en général.

Renforcement des compétences

Les participant(e)s ont également reconnu la nécessité d’accroître les compétences des syndicats d’enseignants. Du fait de leur faible maîtrise de la négociation collective, ces derniers n’arrivent que difficilement à défendre les droits syndicaux des enseignant(e)s, à plaider la cause de l’enseignement auprès des autorités, à influencer proactivement la politique et à souder le mouvement enseignant et accroître le professionnalisme de ses membres.

Un enseignement public de qualité pour tous

Les membres du syndicats ont reconnu qu’un enseignement de qualité passait par un environnement, des investissements et des enseignant(e)s de qualité.

Ils/Elles ont déploré le caractère réactif de la politique éducative du Népal et le fait qu’elle soit déterminée par les besoins immédiats et orientée vers les bailleurs de fonds. Elle repose sur le résultat de tests et n’est pas accessible ou adaptée à tou(te)s. Elle freine également la participation des syndicats. Les membres ont plaidé pour une politique éducative axée sur les compétences et un enseignement professionnel, scientifique et technique, accessible à tous et adapté au contexte social népalais.

Ils/Elles ont pointé les principaux obstacles à un enseignement public de qualité pour tous, à savoir les conditions géographiques, l’ingérence politique, le manque de formation et de soutien des enseignant(e)s, l’absence  des intéressé(e)s dans les processus décisionnels, la réduction du financement public de l’enseignement, la mise en œuvre peu efficace du code éthique, l’absence de commission constitutionnelle pour la désignation des enseignant(e)s et une image dégradée de l’enseignement public.

Les participant(e)s ont évoqué la nécessité d’une responsabilisation, depuis l’élaboration de la politique jusqu’à sa mise en œuvre, en agissant sur la résolution des conflits, les causes de l’absentéisme des enseignant(e)s, le respect du code éthique par les enseignant(e)s et le développement des infrastructures comme bases essentielles à l’amélioration du système éducatif.

Répondre aux demandes des organisations

Les participant(e)s ont exposé les demandes des enseignant(e)s, à savoir la fin du recours aux enseignant(e)s temporaires et l’éradication des différences de conditions de travail et de salaires, l’amélioration de la sécurité d’emploi, y compris l’arrêt des menaces et des intimidations, une meilleure gestion des institutions éducatives et l’amélioration des procédures de sélection, un recours accru au personnel non enseignant afin d’aider les écoles, l’augmentation du nombre d’enseignantes, le renforcement du développement professionnel et la prise en compte du fait que certain(e)s enseignant(e)s travaillent dans des zones de conflits et en pâtissent.

Parmi les demandes exprimées en matière d’éducation lors du séminaire figurent la mise en place d’une commission indépendante et constitutionnelle de nomination des enseignant(e)s, l’allocation de 25% du budget national à l’éducation, l’introduction de la journée nationale des enseignant(e)s, la fin de l’ingérence politique dans l’éducation, le renforcement du rôle des organisations d’enseignant(e)s dans la prise de décisions, ou encore l’amélioration des structures scolaires et de la répartition des enseignant(e)s.

Résumé des recommandations émises lors du séminaire au Népal:

o        Mise en place d’un syndicat d’enseignants indépendant et puissant

o        Engagement des enseignant(e)s et de tous les acteurs clés en faveur d’un enseignement public de qualité pour tous

o        Renforcement des compétences des dirigeants syndicaux afin de souder le syndicat

o        Syndicats indépendants et puissants d’enseignant(e)s

o        Education de qualité

o        Réformes opportunes de l’éducation

o        Législation et règlementation basées sur des accords entre les syndicats de l’éducation et le gouvernement

o        Financement suffisant de l’éducation

o        Recherche et développement des compétences

Progrès en péril

« Ce genre d’atelier est capital », confiait Sagar Nath, coordinateur régional de l’IE. « Unis, les syndicats d’enseignants sont plus puissants et exercent plus d’impact sur la politique éducative car les autorités sont plus enclines à écourter leur voix et examiner leurs revendications. »

Et d’ajouter: « Les progrès accomplis dans le sens des Objectifs du Millénaire pour le développement et des objectifs de Dakar de l’Education pour tous dans la région sont mis en péril et minés par l’impact de la crise économique mondiale et des catastrophes naturelles. La dérégulation et la privatisation des services publics, et en particulier de l’enseignement, limitent l’accès et accroissent les inégalités au sein de la société. »

Nath a également condamné le fait que la conjoncture économique qui frappe de nombreux pays de la région Asie-Pacifique soit utilisée comme prétexte pour restreindre les droits syndicaux et réduire les salaires et les pensions.