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Cameroun: investir dans l’éducation et les enseignant(e)s

Publié 7 novembre 2013 Mis à jour 12 décembre 2013

Le Syndicat national autonome de l'enseignement secondaire (SNAES), membre de la Fédération des syndicats de l’enseignement et de la recherche (FESER) affiliée à l’IE, a célébré la Journée mondiale des enseignant(e)s le 5 octobre, sur le thème ‘Un appel pour les enseignant(e)s’.

Un appel pour les enseignant(e)s le 5 octobre

« Au Cameroun, ce 5 octobre coïncide avec le 20e anniversaire des grandes manifestations de 1993-1994 qui virent la plus grande mobilisation jamais réussie par les enseignants camerounais », a rappelé le Secrétaire général du SNAES Roger Kaffo. « En 1993-1994, les enseignants camerounais ne voulaient pas seulement changer leurs conditions de vie et de travail: ils voulaient surtout changer l’école. Vingt ans après, ce défi est plus que jamais d’actualité. »

Le premier et le plus important chantier des nations, c’est leur ressource humaine, a-t-il déclaré. Ainsi, plus nous aurons de citoyens bien formés, plus notre pays sera riche, a-t-il ajouté.

Kaffo a aussi regretté que depuis 2008, la part de l’éducation dans le budget de l’Etat au Cameroun n’a cessé de baisser en valeur relative. Cette baisse était déjà en 2012 de l’ordre de 4,5 points et la courbe ne s’est point redressée, a-t-il dit.

« L’Etat camerounais doit remettre à l’école les milliards qui lui sont retirés chaque année depuis 5 ans », a insisté Kaffo. « Cette enveloppe permettra de construire et d’équiper les établissements scolaires aujourd’hui abandonnées aux APEE, de recruter et de former ces jeunes que l’on exploite de manière inacceptable comme vacataires dans les salles de classe. En lui redonnant les ressources qui lui sont retirées chaque année, notre école aura les moyens de prendre en charge une prime de recherche et de documentation conséquente pour son personnel, de financer le rééchelonnement indiciaires de ses cadres, de redonner un budget de fonctionnement à ses établissements qui en sont privés depuis quelques années. Oui, en lui redonnant ses moyens, notre école pourra enfin sortir de la débrouillardise et du détestable paquet minimum, pour engager le chantier incontournable de la qualité de l’éducation. »

Une école de développement, c’est en effet avant tout un cadre où se dispense une formation de qualité. Et comment une éducation pourrait-elle être de qualité si elle n’est pas véritablement citoyenne?, a-t-il ensuite interrogé.

C’est pourquoi le SNAES appelle les enseignant(e)s à le rejoindre dans la lutte pour une meilleure gouvernance scolaire.

JME 2013 sous le signe de la coopération

La JME a aussi permis de mettre en valeur la coopération entre les syndicats camerounais et leur homologue suédois, Lärarförbundet, sous l’égide de l’IE.

Le 5 octobre, les enseignant(e)s syndicalistes et sympathisant(e)s se sont retrouvé(e)s sur la grande place des cérémonies de la ville pour marcher derrière les pancartes de leurs syndicats.

Suite à cette manifestation publique, des directeurs/trices d’établissements scolaires ont rassemblé leurs personnels pour fêter la JME.

Auparavant, à Dschang, ville universitaire de la région de l’Ouest camerounais, une marche sportive a été co-organisée par le SNAES et le Syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés du Cameroun (SYNTESPRIC), une organisation membre de l’IE, le 28 septembre.

Le 1er octobre, un crochet radiophonique a été organisé par Radio Yemba a permis au SNAES de préciser sur le sens de l’appel lancé cette année pour les enseignant(e)s.

Le 2 octobre dans l’après-midi, une grande table ronde a également permis aux enseignant(e)s de débattre sur le thème: « Education et vocation aujourd’hui: pourquoi, pour qui et à quelles conditions? ».

Un nouveau crochet radiophonique sur Radio Nguila’ a eu lieu le 4 octobre.

« Nous soutenons le combat de nos collègues au Cameroun afin d’assurer une éducation de qualité pour toutes et tous dans le pays », a réagi le Secrétaire général de l’IE Fred van Leeuwen. « Nous demandons aux autorités publiques d’écouter attentivement la voix des enseignantes et enseignants qui s’est si fortement manifestée à l’occasion de la JME.  Nous tenons aussi à leur rappeler que le gouvernement porte la responsabilité d’assurer une éducation publique, gratuite de qualité, seule à même de garantir un futur prospère pour toute communauté. »