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Liban: le Parlement rejette le projet de loi sur l’augmentation de la grille salariale du public

Publié 19 mai 2014 Mis à jour 21 mai 2014

La Ligue des professeurs de l’enseignement secondaire public du Liban (LPESPL) et le Teachers Syndicate of Lebanon(TSL), deux affiliés nationaux de l’IE au Liban, ont annoncé que le Parlement avait rejeté le projet de loi relatif à la nouvelle grille salariale applicable au secteur public, approuvé par le gouvernement de Najib Mikati en 2013 et prévoyant une augmentation maximale des salaires de 1,4 milliard de dollars – un montant largement en dessous du 1,9 milliard souhaité au départ.

Le 14 mai, plusieurs milliers d’enseignant(e)s et autres employé(e)s de la fonction publique du Liban ont organisé leur « journée de colère » pour faire pression sur les partis politiques siégeant au Parlement. Les mesures fiscales proposées pour financer les différentes augmentations de salaire ont été la pierre d’achoppement empêchant d’aboutir à un accord.

Les manifestant(e)s se sont rassemblé(e)s sur la place Riad Al Solh de Beyrouth et ont brandi des slogans demandant instamment aux membres du parlement de cesser de tergiverser. Sur l’une des pancartes, on pouvait lire: « Trouvez une solution ou quittez votre poste! ». Le Président du TSL Nehme Mahfoud a en outre critiqué la corruption présumée qui gangrène les institutions gouvernementales.

La contestation se poursuit, mais sans résultats à ce jour

Pour sa part, le Président du LPESPL Hanna Gharib se montre favorable aux augmentations salariales et a demandé que les membres du Parlement respectent leur engagement vis-à-vis du Comité de coordination syndicale ( Union Coordination Committee- UCC), dont sont membres les deux affiliés de l’IE.

Il leur a également demandé de cesser le report incessant de leurs décisions et a exhorté le Gouvernement à instaurer une politique en matière d’emploi qui soit basée sur les qualifications, tout en cessant d’augmenter les impôts pour les populations pauvres.

Le porte-parole du parlement Nabih Berri a déclaré que son institution ne légiférait pas sous la pression et qu’il convoquerait une séance le 25 mai si aucun accord n’était signé le 14 mai, car, dit-il, « je tiens à éviter tout conflit durant les 10 derniers jours qui précèdent l’expiration du mandat de 6 ans du Président Michel Suleiman ».

La communauté enseignante libanaise a lancé son mouvement de protestation il y a un an, et la dernière grève en date a commencé il y a deux semaines.

IE: le personnel enseignant a droit à des salaires décents

« L’UCC a déclaré que le comité parlementaire conjoint n’était pas parvenu à un accord sur les modalités de financement pour l’augmentation de la grille salariale approuvée en 2013 et objet de la controverse », a souligné le Secrétaire général de l’IE Fred van Leeuwen dans une lettre datée du 13 mai, adressée au porte-parole du Parlement Nahib Berri. « Dans sa dernière version du projet de loi, ce comité a recommandé une réduction drastique du montant de l’augmentation souhaitée pour le secteur public, ainsi qu’une augmentation des impôts en vue de financer la nouvelle grille salariale. »

La révision de ce projet de loi est inacceptable, a-t-il écrit, car elle contribuera à restreindre davantage les droits, les avantages et les allocations du personnel enseignant et des autres employé(e)s du secteur public. « Les revendications des enseignant(e)s libanais(es) visant à revoir leurs traitements sont plus que justifiées après 18 ans de gel des salaires, au cours desquels l’inflation a connu une hausse de 121 pour cent. Par l’entremise de l’UCC, les enseignant(e)s rejettent à juste titre ce projet d’augmentation des impôts qui, une nouvelle fois, pénaliserait les familles les moins nanties. »

Dans sa lettre, van Leeuwen a également souligné que l’IE apportait son soutien l’UCC, luttant depuis trois ans pour garantir des salaires équitables et décents à l’ensemble des employé(e)s du secteur public, y compris aux enseignant(e)s. Bien que l’UCC soit parvenu à instaurer des réformes éducatives destinées à attirer et à soutenir les effectifs qualifiés, ceux-ci risquent fort bien de délaisser la profession si les salaires ne leur permettent plus de subvenir à leur besoins ou ne cessent de diminuer alors que le niveau de vie augmente.

Van Leeuwen a également mis en avant que : « En dépit des désaccords qui ternissent les relations entre les enseignant(e)s et le gouvernement, et malgré le manque de soutien qui leur est accordé pour faire face aux défis allant au-delà de leur domaine de responsabilités professionnelles, les enseignant(e)s libanais(es) ont fait tout leur possible pour garantir à chaque enfant un accès égalitaire à l’éducation, y compris aux enfants réfugiés syriens et palestiniens. »

« L’Internationale de l’éducation et ses organisations membres à travers le monde demandent instamment au Parlement, avec tout le respect qui lui est dû, de voter le projet de loi légitime sur la grille salariale pour les enseignant(e)s et les employé(e)s de la fonction publique, en rejetant l’augmentation d’impôts proposée par le comité conjoint », poursuit-il dans sa lettre.  « Nous espérons que le gouvernement réagira rapidement et qu’il accordera au personnel enseignant ce qu’il mérite depuis ces 18 dernières années, durant lesquelles il a toujours veillé à offrir une éducation de qualité à toute une génération d’enfants libanais. »