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Coup de projecteur sur l’exploitation des travailleurs migrants lors du Congrès de la CSI

Publié 20 mai 2014 Mis à jour 21 mai 2014

Un travailleur du bâtiment a parlé de son expérience au Qatar dans le cadre de la construction des installations de la Coupe du monde de football 2022, où il a été traité davantage comme un esclave que comme un salarié contribuant à la préparation de l’une des manifestations sportives les plus chères et les plus importantes du monde.

A l’occasion du 3e Congrès mondial de la Confédération syndicale mondiale (CSI), qui se tenait à Berlin cette semaine, de nombreux travailleurs/euses migrant(e)s ont raconté des histoires tragiques similaires d’exploitation et d’abus.

Afin de combattre les abus allégués au Qatar, la CSI a organisé un lobbying sur Twitter en vue de la réunion du Bureau exécutif de la FIFA la semaine prochaine afin d’appeler les membres du bureau à revenir sur leur décision d’organiser l’événement au Qatar.

Cependant, la plupart des travailleurs/euses ne bénéficient pas de l’attention du monde entier pour la Coupe du monde pour dénoncer les abus dont ils sont victimes.

Un chauffeur de bus du Royaume-Uni a expliqué qu’il a dû payer un contremaître pour obtenir un travail et qu’il doit lui verser régulièrement de l’argent pour le conserver. Un orateur venu d’Argentine a déclaré que les travailleurs migrants dans ce pays faisaient pratiquement tous partie de l’économie informelle sans bénéficier des droits du travail, pour un salaire médiocre et en subissant souvent des mauvais traitements.

Une femme africaine a déclaré que les migrantes ne pouvaient souvent obtenir que les emplois les plus subalternes, où elles étaient traitées à peine mieux que des esclaves et devaient souvent effectuer des travaux lourds, mettant leur santé en péril.

Les enseignant(e)s n’échappent pas à l’exploitation

Le Secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation (IE), Fred van Leeuwen, a informé les participants sur le travail réalisé par l’IE afin de promouvoir et de protéger les intérêts des enseignant(e)s migrant(e)s. Il leur a indiqué que l’IE avait soutenu l’élaboration d’un protocole sur les conditions d’emploi des enseignant(e)s migrant(e)s au sein du Groupe du Commonwealth.

Il a également souligné le travail de plaidoyer entrepris dans le cadre du processus de Bologne pour tenter d’améliorer les conditions dans lesquelles les enseignant(e)s et les chargé(e)s de cours de l’enseignement supérieur peuvent se déplacer d’un pays à l’autre. Il a déclaré que les enseignant(e)s migrant(e)s se retrouvent souvent dans des emplois très précaires et mal payés dans des établissements d’enseignement où leurs qualifications ne sont pas reconnues.

« Pour aider les enseignantes et enseignants migrants », a-t-il indiqué. « L’IE a créé un portail internet spécial, qui leur fournit des informations destinées à les aider à émigrer. L’IE a également entrepris une enquête sur les enseignantes et enseignants migrants afin de déterminer les problèmes qui leur compliquent la vie et les mauvaises pratiques d’emploi qui doivent être éradiquées. »

Pour en savoir plus, y compris sur l’enquête, veuillez consulter le site web sur les droits des enseignant(e)s migrant(e)s.