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Les syndicats de l’éducation redoublent d’efforts pour obtenir la libération d’un universitaire colombien

Publié 19 novembre 2015 Mis à jour 20 novembre 2015

L’Internationale de l’Education se joint à l’appel lancé par des syndicats de l’éducation et demandant la libération immédiate du Dr Miguel Ángel Beltrán Villegas, détenu dans une prison de Bogotá depuis son arrestation, le 31 juillet dernier.

Dr Beltrán, membre de l’ ASPU, un syndicat de l’enseignement supérieur, est un ardent critique du gouvernement colombien et a dédié une grande partie de ses recherches aux conflits et aux bouleversements qui agitent le pays. Il avait été arrêté une première fois en mai 2009, accusé d’entretenir des liens avec les les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), alors qu’il menait justement des recherches sur ce groupe terroriste.Il avait alors passé deux ans derrière les barreaux d’une prison de haute sécurité, dans l’attente de son procès. Sa mise en détention avait créé l’émoi au sein de la communauté universitaire des quatre coins du monde. L’Internationale de l’Education (IE), ses affiliés et des milliers d’universitaires avaient à l’époque protesté contre sa détention prolongée.

Dès le départ, les collègues de l’enseignement supérieur de l’IE ont mené le combat afin d’obtenir la libération de Miguel Beltrán. Ils/Elles avaient qualifié d’illicites les accusations de « rébellion » et de « violation de la loi à des fins terroristes », liées au mouvement de guérilla des FARC, et considéraient que son arrestation en 2009 constituait une violation de la liberté académique.

Au cours de son procès, le Dr Beltrán avait déclaré qu’il était « un universitaire, pas un terroriste », et que son affaire s’inscrivait dans le cadre d’attaques systématiques contre les intellectuels, accusant les universitaires opposés au régime d’appartenir à la guérilla. Dans le cadre d’une campagne internationale fortement médiatisée, l’IE s’était ralliée à ce point de vue, en condamnant les violations des droits humains et syndicaux des enseignant(e)s en Colombie – conduisant parfois à leur assassinat. Grâce à cette campagne, soutenue notamment par l’AFT, l’ACCPU, la CONADU, l’UCU et l’ONG britannique Justice for Colombia, Miguel Beltrán avait pu être acquitté de tous les chefs d’accusation et libéré. La justice colombienne avait également considéré les charges retenues contre lui comme mensongères.

Cependant, le Dr Beltrán a une nouvelle fois été arrêté en juillet 2015 et accusé de « rébellion ». L’ University and College Union et l’organisation Justice for Colombia ont lancé une pétition qu’ils ont remise à l’ambassade de Colombie à Londres, le 18 novembre dernier.