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Internationale de l'Education
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Népal: l’échec du gouvernement à répondre à leurs demandes pousse les éducateurs/trices à la grève de la faim

Publié 11 octobre 2016 Mis à jour 13 octobre 2016

Un syndicat népalais de l’éducation appelle à une grève de la faim de trois jours pour demander au gouvernement népalais de répondre à la demande des syndicats, formulée en 11 points en vue d’améliorer les conditions d’emploi.

Le syndicat Sansthagat Vidyalaya Schickshak du Népal (Syndicat des enseignant(e)s des écoles institutionnel(le)s -ISTU), l’une des trois organisations membres de l’Internationale de l’Education (IE) dans ce pays, a initié plusieurs actions professionnelles et syndicales depuis sa création le 15 janvier 2004.

De ces actions découle un accord conclu le 2 avril 2007 avec le Ministère de l’Education en présence d’autres parties prenantes, notamment l’organisation faîtière des propriétaires d’écoles privées.Mais l’esprit de cet accord n’est pas mis en œuvre. Même si les enseignant(e)s et les personnels non-enseignant(e)s dans les écoles privées institutionnelles sont de plus en plus conscient(e)s de leurs droits syndicaux, les progrès sont en réalité très minces. Les quelques améliorations de l’accord ne sont pas mises en œuvre dans les écoles privées du pays, quel qu’en soit le niveau.

Le 8e amendement de la Loi sur l’Education exclut les enseignant(e)s des écoles privées de la couverture unique de la Confédération des enseignant(e)s népalais(es) (CNT), précisant qu’« une confédération des enseignant(e)s communautaires régira leurs droits professionnels ».

Après la 4e Convention générale de l’ISTU qui s’est tenue les 30 avril et 1er mai 2016, le syndicat de l'éducation a lancé une série d’actions syndicales professionnelles, notamment un relais de la grève de la faim du 24 au 26 septembre.

Politique et demandes professionnelles de l’ISTU

Les demandes de l’ISTU s’articulent autour de deux axes:

·         d’un point de vue politique, soit toutes les écoles privées doivent être réglementées conformément à la même loi que les fiduciaires éducatives, soit la loi sur l’éducation doit être amendée pour inclure l’ISTU dans la CNT, soit l’ISTU doit obtenir une identité séparée dans le cadre de la loi sur l’éducation; et

·         d’un point de vue professionnel, l’augmentation salariale de 25 pour cent prévue au budget de l’exercice fiscal 2016/2017 doit être mise en œuvre pour les enseignant(e)s et les personnels non-enseignant(e)s des écoles privées; les enseignant(e)s des écoles privées doivent bénéficier d’une formation professionnelle: il ne doit pas y avoir de services supplémentaires conclus en plus de ceux déjà prévus par les enseignant(e)s et les personnels réguliers/ères, à l’exception des classes extra-scolaires.

Dix membres du comité central ont participé à la première journée du relais de la grève de la faim, menés par le Président de l’ISTU Mukunda Gautam. Dix autres membres, menés par la Vice-Présidente de l’ISTU, Aruna Koirala, ont participé à la deuxième journée. Hom Kumar Thapa, Vice-Président sénior de l’ISTU, a mené le troisième groupe de dix membres du comité central pour la dernière journée du relais. Chaque jour, plusieurs militants syndicaux se sont joints aux grévistes sans jeûner.

Des représentant(e)s des partis politiques, des organisations d'enseignant(e)s, des organisations syndicales d’autres professions, des journalistes et du Ministère de l’Education ont témoigné leur solidarité par leur présence physique au Maitighar Mandala, lieu de la grève de la faim à Katmandou. Des personnes de toutes les couches de la société ont offert leur soutien moral et leur solidarité via les réseaux sociaux, des messages ou encore des courriers électroniques.

Le Président de la Nepal Teachers' Association(NTA) et de la CNT, Keshav Niraula, Le Président de la Nepal National Teachers' Association(NNTA) Baburam Thapa et la Ministre d’Etat à l’Education Dhana Maya Bika, se sont aussi montrés solidaires envers le mouvement de l’ISTU.

Le relais de la grève de la faim a permis d’atteindre les objectifs suivants:

·         davantage de parties prenantes de l’éducation dans les écoles privées et d’enseignant(e)s/de personnels non-enseignant(e)s des écoles privées ont pris conscience des demandes de l’ISTU car la nouvelle de la grève a bénéficié d’une large couverture dans les quotidiens nationaux, à la radio et à la télévision nationale;

·         l’action a contribué au développement des capacités et à l’expansion du syndicat;

·         l’organisation faîtière pour les écoles privées est prête à entamer un dialogue concernant les demandes de l’ISTU;

·         la Ministre d’Etat en charge de l’Education a promis de prendre en compte les demandes du syndicat au niveau politique; et

·         le relais de la grève de la faim a été perçu comme un tremplin pour la prochaine série d’actions de l’ISTU.

IE: de belles preuves de solidarité syndicale envers l’éducation de qualité pour tou(te)s

« Le bureau régional Asie-Pacifique de l’IE souligne que l’ISTU a reçu au cours de cette grève-relais le soutien d’autres organisations, notamment d’autres affiliés de l’IE comme la NNTA et la NTA ou la CNT, ainsi que de représentantes et représentants de partis politiques, d’organisations syndicales, de journalistes, du Ministère de l’Education, des enseignants et des étudiants », explique la Coordinatrice régionale principale Asie-Pacifique de l’IE, Shashi Bala Singh.

« Cela prouve un degré élevé de solidarité envers des demandes justes formulées par l’ISTU », souligne-t-elle.

« Il est clair », ajoute-t-elle, « que répondre aux demandes de l’ISTU au niveau politique et professionnel aura un impact positif en termes de privatisation et de commercialisation de l’éducation, en réglementant les écoles privées et en les forçant à offrir de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail et de sécurité d’emploi à leurs enseignantes et enseignants. Ces mesures favoriseront également l’éducation de qualité pour toutes et tous dans son ensemble », déclare Singh.

Elle ajoute espérer que les autorités concernées répondront rapidement aux demandes de l’ISTU.