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Népal: Des élections historiques ouvrent une nouvelle ère d’espoir

Publié 10 septembre 2008 Mis à jour 10 septembre 2008

Une décennie sanglante marquée par la guerre civile et la mort de 130 000 Népalais s’est achevée au début de cette année. Des élections nationales ont eu lieu le 10 avril dans une atmosphère paisible en dépit de graves violences et de violations des droits de l’homme dans le cadre de la campagne électorale.

Le parti maoïste a remporté plus de 30% des voix, suivi par le parti du Congrès népalais avec presque 23%. Ces deux partis ainsi que d’autres partis importants ont convenu que l’abandon de la monarchie exécrée qui dirigeait le Népal depuis 240 ans serait la première tâche à entreprendre par le gouvernement.

C’est ainsi que le Népal est devenu la plus jeune république du monde le 28 mai, date à laquelle l’Assemblée Constituante fraîchement élue a voté l’abolition de la monarchie. Dans le pays entier, des foules en liesse ont envahi les rues pour fêter la fin du règne de Gyanendra.

L’Internationale de l’Education se réjouit de ces développements et s’apprête à travailler avec ses deux membres népalais afin de renforcer l’éducation publique et de combattre le VIH et le SIDA dans le pays himalayen.

Alexandra Cogels de l’IE s’est entretenue avec Baburam Adhikari, Secrétaire Général de la Nepal National Teachers’ Association, et Birendra P. Shrestha, Secrétaire Général de la Nepal Teachers’ Association, lors des premiers ateliers EPT/SIDA qui se sont tenus à Katmandou du 25 au 28 juin.

Que prévoyez-vous pour l’éducation au vu des nombreux changements politiques ?

« Nous, peuple népalais, ne nous attendons pas à ce que le changement ait lieu immédiatement, déclare Birenda P. Shrestha. Les problèmes économiques, géographiques et culturels sont trop importants dans notre pays. Maintenant que le parti maoïste est au pouvoir, de nombreuses idées font l’objet de discussions : enseignement privé, enseignement public, etc. Cependant, nous mettons en question le manque de réflexion objective et l’absence de consensus parmi les parties concernées. Les Maoïstes doivent prôner davantage de concertation… Notre travail est basé sur une conviction : l’éducation devrait être accessible à tous, inclusive et répondre aux défis du XXIe siècle ».

Baburam Adhikari en convient : « la NNTA estime qu’une nouvelle politique de l’éducation est nécessaire étant donné la réalité sur le terrain dans le pays. Jusqu'à présent, à cause de politiques mal avisées en matière d’éducation, bon nombre de jeunes sont sans emploi et quittent le pays. Dès lors, l’éducation devrait être liée à la vie de la population. C’est pourquoi nous négocions actuellement avec le gouvernement pour une éducation de qualité, inclusive et pour tous. »

Baburam Adhikari met également en évidence le fait qu’environ 13% des enfants en âge scolaire ne vont pas à l’école. « Comment les faire venir à l’école ? Ces problèmes pratiques représentent un défi considérable. Il existe aussi des problèmes spécifiques tels que l’éducation des enfants des régions montagneuses, l’abandon scolaire, l’éducation des filles, etc. La nouvelle politique de l’éducation devrait donc cibler ces problèmes. »

Pourquoi est-il important de lancer le programme EPT/SIDA au Népal ? Baburam Adhikari explique : « L’éducation et la santé sont deux piliers du développement des nations. Les organisations d’enseignants ont beaucoup de travail à accomplir en ce sens. Ces deux sujets, l’Education pour tous ainsi que le VIH et le SIDA, sont en lien direct avec la société. Les enseignants népalais peuvent influencer le changement, ils peuvent élever la voix pour empêcher la désinformation et l’incompréhension au sein de la société. Nous souhaitons donc atteindre la société par le biais de ce programme ».

Birenda P. Shrestha fait remarquer que « dans le contexte international, le Népal est un très petit pays mais qui est confronté à de nombreux problèmes. Nous sommes soucieux d’améliorer notre pays… Aux préoccupations concernant l’éducation viennent maintenant s’ajouter la prise de conscience du problème que représentent le VIH et le SIDA. C’est pourquoi nous voulons mobiliser nos membres afin de solutionner ce problème… Nous pensons également que le programme améliorera la culture de travail de nos syndicats ».

Cet article à été publié dans Mondes de l'Éducation, No. 27, septembre 2008.