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Journée internationale de la femme 2010: célébrer et promouvoir le leadership des femmes

Publié 29 mars 2010 Mis à jour 29 mars 2010

Pour marquer la Journée internationale de la femme, le 8 mars, Mondes de l’Education a posé une question essentielle à des femmes syndicalistes : quel est pour vous le progrès le plus positif sur la voie de l’égalité des genres ? Voici quelques-unes de leurs réflexions.

Susan Hopgood Secrétaire fédérale, AEU, Australie Présidente de l'Internationale de l’Education

J’ai été témoin de changements considérables en faveur des enseignantes, y compris des congés de maternité payés et des périodes plus longues de congés familiaux; du travail à mi-temps permanent; un accès amélioré à la retraite; la reconnaissance du harcèlement sexuel et de son impact et l’introduction de procédures de plainte; promotion au mérite plutôt qu’à l’ancienneté, laquelle joue au détriment des femmes à cause du temps pris pour la famille, s’occuper des enfants, etc. Par conséquent, nous avons vu beaucoup d’amélioration en termes de postes de décision pour les femmes dans les écoles, même si des progrès restent à accomplir en Australie. Le plus grand changement dans notre syndicat est culturel : la représentation des genres à tous les niveaux est à présent une matière enseignée.

Irene Duncan Adanusa Secrétaire générale, GNAT, Ghana Vice-présidente de l’IE

Dans mon syndicat, le GNAT, depuis 2006, nous avons assisté à une hausse spectaculaire – de plus de 30 % – du nombre d’enseignantes de tous âges qui suivent des programmes de l’enseignement supérieur dans le cadre de l’éducation à distance, afin d’améliorer leurs compétences académiques et professionnelles.

On peut y voir essentiellement le résultat des actions de plaidoyer et des programmes de renforcement des capacités lancés par notre département Genre et Développement. Il existe également un programme scientifique spécial pour les enseignantes travaillant dans les zones rurales, une innovation due à notre division Développement professionnel.

Quoi que j’aie pu faire pour le GNAT en ma qualité de Secrétaire générale, rien ne m’a été livré sur un plateau d’argent. Les dirigeantes doivent savoir quelles batailles livrer, quand et où se battre et contre qui.

Haldis Holst UEN, Norvège Vice-présidente de l’IE

J’observe des développements importants, qui génèrent beaucoup d’espoir en Norvège et dans le monde. Le nouveau Réseau des dirigeants masculins, lancé par le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon, le 24 novembre 2009, marque une étape importante dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des jeunes filles. Je pense que ces hommes dirigeants, dont fait partie notre ministre de la justice, et leur engagement à rompre le silence vont faire la différence.

En Norvège, un autre événement majeur est lié au travail de la commission sur l’équité salariale en 2008. Le rapport de cette commission a renforcé le débat politique et l’équité salariale devrait devenir l’élément essentiel des négociations collectives cette année. Aujourd’hui, j’ose véritablement espérer qu’un pas historique sera franchi dans la voie de l’égalité salariale.

Juçara Dutra Vieira CNTE, Brésil Vice-présidente de l’IE

Au Brésil, les questions de genre ont été institutionnalisées en 2003 avec la création du Secrétariat national des femmes, qui fait office de passerelle entre la Présidence de la République et les syndicats, les réseaux des femmes, les ONG et la société civile. Les principaux développements positifs ont été l’adoption de la loi Maria da Penha, qui pénalise la violence domestique, la reconnaissance de la femme en tant que chef de famille (auparavant, le Code civil accordait uniquement cette prérogative aux hommes) et l’extension des allocations de retraite aux femmes travaillant dans l’agriculture et comme domestiques. Dans les syndicats et les partis politiques, la législation et les statuts ont fixé des quotas. Dans le secteur de l’éducation, l’équité salariale est une réalité. Cependant, de nombreux défis culturels restent à relever comme l’accès au pouvoir et à des postes à responsabilité dans le monde du travail.

Teopista Birungi Mayanja Secrétaire générale, UNATU, Ouganda Membre du Bureau exécutif de l’IE En 2004, l’UNATU a mis au point un projet baptisé Teachers’ Action for Girls(TAG-Action des enseignants pour les filles). Ce projet est aujourd’hui devenu un programme, dont l’objectif est d’aider les enseignants à servir d’agents principaux dans la création d’environnements scolaires tenant compte de la dimension de genre qui aident filles et garçons à accéder à l’éducation, ainsi qu’à suivre et à achever une scolarité. De nombreux partenariats ont ainsi été créés avec des acteurs tant gouvernementaux que non étatiques. Cette intervention menée à l’initiative des enseignants est ressentie comme un développement extrêmement positif.

Salimata Doumbia Secrétaire générale, Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire Membre du Bureau exécutif de l’IE

Le signe le plus positif est qu’il existe dans un nombre sans cesse croissant de pays la volonté politique de parvenir à l’égalité des genres et que de plus en plus de femmes occupent des postes de direction.

J’ai été la Secrétaire générale d’un syndicat qui ne comptait que 20 % d’affiliées et je suis également la Secrétaire générale de la principale fédération syndicale de Côte d’Ivoire. De plus en plus de femmes occupent la fonction de secrétaire général dans les syndicats membres. En 2005, on ne recensait que cinq femmes à ce poste dans 160 syndicats. En 2009, elles sont 8. Pour mon pays, c’est un véritable progrès.

Eva-Lis Sirén Présidente, Lärarförbundet, Suède Membre du Bureau exécutif de l’IE

En Suède, une évolution positive est que les hommes assument une plus grande part de responsabilité dans l’éducation de leurs enfants et dans le travail domestique non rémunéré. Les parents peuvent bénéficier d’un congé parental pendant de longues périodes ininterrompues, pendant une journée ou une partie de la journée. En 2009, les hommes représentaient 22 % du nombre total de journées de congé parental, soit une progression de 10 % en dix ans. Ce n’est bien évidemment pas suffisant, mais nous avons franchi quelques pas de plus sur le long chemin de l’égalité des sexes.

Antoinette Corr Secrétaire générale, GTU, Gambie

Qu’il s’agisse d’un pays développé ou d’un pays en développement comme la Gambie, partout, les femmes se battent pour rompre les chaînes de la société patriarcale qui a divisé le champ d’action entre le privé et le public. Aujourd’hui, les femmes, qui, dans le passé, n’étaient que de simples objets dans les politiques et les plans de développement, sont désormais les précurseurs du changement. L’autonomisation des femmes est un outil indispensable pour faire progresser le développement et réduire la pauvreté. C’est pourquoi il est capital d’intensifier les programmes de sensibilisation des femmes et des jeunes filles.

Le GTU travaille en étroite collaboration avec d’autres partenaires sociaux dans le cadre de son Women’s Wing(département en charge des affaires concernant les femmes) afin de mener à bien des formations sur la Charte africaine et son protocole et sur d’autres instruments juridiques en faveur des femmes, d’organiser des programmes sur les connaissances de base et de proposer des services d’orientation professionnelle pour lutter contre les stéréotypes. Telle est la feuille de route pour atteindre l’égalité des sexes en Gambie.

Cet article a été publié dans Mondes de l’Éducation, No 33, mars 2010.