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Un meilleur traitement par les médias africains de la violence envers les filles est nécessaire

Publié 29 mars 2010 Mis à jour 29 mars 2010

Action Aid International a publié sa deuxième enquête trimestrielle sur la violence à l'encontre des filles dans les écoles dans 18 pays africains pour la période courant d'octobre à décembre 2009.

Cette étude des médias vise à compiler et à passer en revue des cas de violence envers les filles tels que rapportés dans les médias nationaux sélectionnés.

L'un des principaux objectifs de l'enquête est d'améliorer le traitement médiatique de la violence faite aux filles en encourageant le traitement analytique plutôt que le sensationnalisme. Les chiffres pour le trimestre pris en compte montrent que sur les 195 articles répertoriés dans les 18 pays, seuls 32 peuvent être considérés analytiques.

Lorsqu'ils relataient des viols, beaucoup de journaux les décrivaient comme une perversion inhabituelle, alors qu'il s'agit en fait d'un crime par trop commun. L'étude conclut que le viol est typiquement rapporté avec des détails très imagés et « souvent en des termes très crus » qui confinent à la pornographie.

Action Aid définit la violence à l'égard des filles comme toute forme de mauvais traitement contre des filles de moins de 18 ans qui menace leur accès à l'éducation ou leurs résultats scolaires.

Une telle violence peut se manifester à la maison sous la forme de corvées ménagères excessives, de châtiments corporels, de mauvais traitements, de viols, de mutilations génitales et d'autres pratiques traditionnelles pouvant nuire aux filles. Elle peut aussi survenir à l'école, en termes de punitions, de discrimination et d'abus physique et verbal. Evidemment, la violence envers les filles peut également se produire dans la rue.

Entre autres, l'étude fait état de cas de viols, d'incestes, de grossesses précoces, de mariages forcés précoces, de tourisme sexuel, de prostitution, d'infection par le VIH, de travail forcé ou d'avortement forcés de fœtus féminins et de mutilations génitales. Selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 130 millions et de femmes sont des survivantes de mutilations génitales, particulièrement en Afrique, où ces dernières sont pratiquées dans 26 pays.

Les données d'Action Aid démontrent que de juillet à décembre 2009, 4.292 cas de violence contre les filles se sont déroulés dans les 18 pays impliqués dans cette enquête, mais seuls 322 ont été publiés dans les journaux sélectionnés. La majorité des cas ont été rapportés durant les vacances scolaires en septembre et en octobre. La violence sexuelle est très fréquente à cette période car les filles sont laissées à elles-mêmes, sans attention de la part de leurs parents ou supervision à l'école.

Au cours de la période étudiée, les organisations internationales se sont concentrées sur deux évènements: la Journée mondiale de l'enfance le 20 novembre et les 16 jours sur la violence à l'encontre des femmes et des jeunes filles du 25 novembre au 10 décembre. De nombreuses activités ont été organisées afin de conscientiser à la violence envers les filles et d'appeler à la protection des jeunes survivantes. Malheureusement, la couverture médiatique de ces activités était minimale.

Les journaux inclus dans l'enquête étaient publiés au Burundi, au Cameroun, en Ethiopie, en Gambie, au Ghana, au Kenya, au Libéria, au Malawi, au Mozambique, au Nigeria, en Ouganda, au Rwanda, au Sénégal, en Sierra Leone, en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe.

Cet article a été publié dans Mondes de l’Éducation, No 33, mars 2010.