Syrie : l’Internationale de l’Éducation appelle à la fin des violences et à donner la priorité à l’éducation
À la suite des récents affrontements armés à Alep qui ont mis en danger la vie des populations civiles et privé des milliers d’enfants de leur droit à une éducation sûre, l’Internationale de l’Éducation (IE) appelle à la fin immédiate des hostilités et exhorte les autorités syriennes et la communauté internationale à faire de l’éducation un pilier central des efforts de relèvement et de reconstruction.
L’IE condamne fermement les attaques perpétrées dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafieh, qui ont fait des blessé·e·s parmi la population civile, y compris des élèves et des enseignant·e·s, détruit des écoles et des bureaux syndicaux et fortement perturbé l’enseignement. Ces actes constituent une atteinte au droit humanitaire international et aux droits humains fondamentaux.

L’IE appelle toutes les parties à :
- Cesser les attaques à l’encontre de la population et des infrastructures civiles, y compris les écoles et les bureaux des syndicats.
- Respecter la Déclaration sur la sécurité des écoles, en veillant à maintenir la sécurité des établissements scolaires et à en exclure toute utilisation à des fins militaires.
- Protéger le droit de chaque enfant à l’éducation, même en période de conflit.
L’IE exprime sa solidarité avec son affilié, le syndicat des enseignantes et enseignants du nord-est de la Syrie (UNTES – Union of Teachers in Northeast Syria), qui représente plus de 50 000 personnels de l’éducation et plaide pour une éducation inclusive et équitable au cours du long processus de reconstruction de la Syrie. Des années de conflit ont dévasté le système éducatif, déplacé des communautés entières et imposé une pression immense aux enseignantes et enseignants qui poursuivent leur mission dans des conditions dangereuses.
Un système éducatif fort et inclusif est crucial pour l’avenir de la Syrie – il est essentiel pour assurer la paix, la justice sociale et l’égalité. L’IE et l’UTNES appellent à la mise en œuvre urgente des Recommandations des Nations Unies sur la profession enseignante, notamment sur les aspects suivants :
- Financement : allouer au moins 6 % du PIB et 20 % des dépenses publiques à l’éducation, en la protégeant face aux mesures d’austérité.
- Reconstruction inclusive : assurer un accès équitable à un personnel enseignant qualifié et à une éducation adaptée à la culture locale, pour toutes les communautés.
- Personnel enseignant en situation de crise : garantir des salaires sans délais, des primes de risque et la sécurité du personnel éducatif dans les zones à haut risque.
- Professionnalisation : établir une Politique nationale en faveur du personnel enseignant, éliminer progressivement les contrats précaires et proposer au personnel enseignant une formation initiale gratuite.
- Des programmes pour la paix : intégrer les droits humains, la citoyenneté mondiale et la cohésion sociale dans les programmes scolaires.
- Une technologie centrée sur l’humain : recourir à la technologie pour élargir les moyens dont dispose le personnel enseignant, protéger la vie privée et combler la fracture numérique.
Ces mesures doivent être soutenues par un dialogue social institutionnalisé et des négociations collectives avec les organisations qui représentent les personnels de l’éducation, y compris l’UTNES et l’IE.
L’éducation doit être au cœur du processus de redressement de la Syrie. La reconstruction du pays ne peut s’envisager qu’en investissant en priorité dans le personnel enseignant et dans l’éducation.
La déclaration complète en arabe est disponible ici.