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Photo Credit: Vanuatu Arise
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Vanuatu : un syndicat de l'éducation rejoint l’appel mondial pour le financement de l’enseignement public

Publié 16 février 2026 Mis à jour 20 février 2026

Plaidant pour le maintien et l’augmentation des investissements publics dans l’éducation dans le but de renforcer la profession enseignante et d’améliorer les résultats scolaires, le Vanuatu Teachers Union (Syndicat des enseignants et enseignantes du Vanuatu, VTU de son acronyme en anglais) a lancé la campagne « La force du public : ensemble on fait école ! » de l’Internationale de l’Éducation (IE) à l’échelle nationale. Il a mis l’accent sur l’urgence pour les autorités d’investir dans le corps enseignant sous la forme d’une rémunération juste, d’un développement professionnel de qualité et de conditions de travail favorables.

Par cette initiative, le VTU reconnaît le rôle essentiel de l’enseignement public en tant que bien commun et a exhorté l’État de Vanuatu à prioriser le financement de l’éducation afin de remédier à la pénurie de personnel enseignant, à la surcharge de travail et au manque de ressources, en particulier dans les écoles rurales et isolées.

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Mise en place de la Commission des services éducatifs

Le VTU a également souligné que sa campagne est en phase avec la Recommandation 5 des Nations Unies sur la profession enseignante : « Les gouvernements devraient mettre sur pied des commissions nationales ou d’autres mécanismes, incluant les autorités financières compétentes, des représentants des organisations d’enseignants et d’autres parties prenantes, afin d’évaluer et de remédier à la pénurie d’enseignants dûment qualifiés. Ces commissions ou mécanismes devraient se pencher sur les analyses du marché du travail, le recrutement, la migration, l’attrition et la rétention des enseignants, leur rémunération, leur statut et leurs droits, leur charge de travail et leur bien-être, ainsi que sur l’équité (y compris le ratio enseignant qualifié/élève), l’égalité et les infrastructures. »

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Dans son allocution, Neselinda Meta, secrétaire générale du Conseil de l’éducation du Pacifique (COPE, de son sigle en anglais) et coordinatrice au Bureau régional Asie Pacifique de l'IE, a déclaré que la Commission des services éducatifs était essentielle pour :

  1. Renforcer la gouvernance et le principe de responsabilité dans le secteur enseignant.
  2. Assurer l’équité dans le recrutement, les nominations et les promotions.
  3. Protéger et améliorer les droits, le bien-être et les conditions de travail du corps enseignant.
  4. Réduire les ingérences politiques et garantir que les décisions sont prises avec professionnalisme et intégrité.
  5. Soutenir une éducation de qualité pour l’ensemble des élèves de Vanuatu.

« Cette réforme n’est pas simplement structurelle, a affirmé Mme Meta, elle pose les bases de l’avenir de notre nation. » S’adressant aux enseignante∙s de tout le pays, elle a également expliqué que « la Commission des services éducatifs a pour but de vous donner les moyens d’agir, de protéger vos droits et de veiller à ce que votre carrière soit guidée par le mérite, l’équité et la transparence ».

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Participation à la campagne « La force du public : ensemble on fait école ! »

À Vanuatu, le lancement de la campagne a constitué un cap important, créant un pont entre le plaidoyer national en matière d’éducation et les engagements mondiaux visant à transformer la profession enseignante et à consolider les systèmes d’enseignement public.

En présence de responsables notables du ministère de l’Éducation et de la formation, de la Commission du service des enseignants (TSC, de son acronyme en anglais), du COPE – une sous-branche de l’IE dans la région Asie-Pacifique – et d’autres parties prenantes du secteur de l’éducation, le VTU a officiellement lancé sa campagne le 30 janvier 2026 sur l’île de Santo.

Mme Meta a rappelé que « La force du public » est un mouvement mondial qui invite tous les États à reconnaître qu’il est urgent de financer l’enseignement public et que cela doit constituer une priorité. « Partout dans le monde, les écoles publiques sont soumises à la pression du sous-financement chronique, des pénuries de personnel enseignant et des inégalités croissantes », a-t-elle ajouté. « L’appel de l’IE exhorte les autorités à changer leurs priorités et à passer des coupes budgétaires à la construction de la nation, des solutions temporaires aux investissements durables dans les enseignants, les enseignantes, les élèves et les communautés. Cette campagne confirme une vérité simple : l’enseignement public de qualité n’est pas un privilège, c’est un droit humain qui doit être protégé, consolidé et financé de manière adéquate. »

Au niveau régional, le Pacifique se situe à un tournant, a-t-elle poursuivi : « Alors que la pénurie mondiale de personnel enseignant devient l’une des crises les plus urgentes de notre époque, la campagne ‘La force du public : ensemble on fait école !’ menée par l’Internationale de l’Éducation et le Conseil de l’éducation du Pacifique offre une réponse audacieuse et stratégique. Ce programme pluriannuel consolide les capacités des syndicats aux Fidji, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à Samoa, dans les Îles Salomon et à Vanuatu, conformément aux recommandations des Nations Unies et aux objectifs de développement durable. Il positionne le personnel enseignant non seulement en tant que personnel éducatif, mais aussi en tant bâtisseur de la nation, en première ligne pour le climat et la défense de la justice, tout en renforçant la nécessité de disposer d’écoles publiques résilientes, inclusives et dotées de ressources suffisantes. »

Selon Mme Meta, en outre, cette campagne fait précisément écho à la réalité nationale propre à Vanuatu. « Quand l’IE appelle les États à miser sur la force du public et à faire école ensemble, cela reflète l’expérience vécue par nos enseignants et nos enseignantes : des salles de classe surchargées, des ressources limitées, des nominations retardées et une lutte constante pour l’équité et le respect. Notre participation au mouvement dans le Pacifique, notamment au rassemblement régional à Nadi en 2025, fortifie notre travail de plaidoyer et nous apporte un soutien international alors que nous militons en faveur d’une réforme systémique, y compris la mise en place d’une Commission des services éducatifs parfaitement fonctionnelle. Par cette campagne, Vanuatu rejoint des millions d’enseignants et d’enseignantes du monde entier pour affirmer ensemble que chaque enfant mérite un enseignant ou une enseignante ayant les qualifications adéquates et que chaque enseignant et chaque enseignante mérite le respect, le soutien et la reconnaissance. »

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Un appel à l’unité des parties prenantes du secteur de l’éducation

La secrétaire générale du COPE a ensuite indiqué que « le progrès nécessite l’unité. Aucune institution ne peut mener seule une réforme de l’éducation. Nous devons agir ensemble, le VTU, le COPE, le ministère de l’Éducation et de la formation, la TSC, le cabinet du Premier Ministre, les directions d’écoles et les communautés. En parlant d’une seule et même voix au niveau national, nous pouvons parvenir à mettre en place une réforme durable. Cette journée doit nous rappeler que nous avons une vision commune : celle d’un système éducatif plus fort, plus juste et plus professionnel à Vanuatu. »

« Ce lancement aujourd’hui, a conclu Mme Meta, marque le début d’un nouveau chapitre dans le parcours éducatif de notre nation : un chapitre d’espoir, de transformation et de renforcement. Allons de l’avant avec détermination. Soutenons nos enseignants et nos enseignantes. Travaillons ensemble pour faire de la Commission des services éducatifs une réalité. »