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Rooftop / GEM Report
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Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2026 : les progrès en matière d’accès à l’éducation ne sont pas à la hauteur de l’Objectif de développement durable

Publié 25 mars 2026 Mis à jour 27 mars 2026

À l’approche de l’échéance de 2030 pour la réalisation de l’Objectif de développement durable (ODD) 4, l’UNESCO vient de publier l’édition 2026 du Rapport mondial de suivi sur l’éducation, qui se concentre sur l’accès et l’équité.

Ce nouveau rapport passe en revue les progrès réalisés par les pays en matière d’élargissement de la participation à l’enseignement à tous les niveaux depuis le début du millénaire. Il explore les facteurs qui ont conduit les différents pays à progresser à des rythmes différents, ainsi que les enseignements à tirer pour améliorer l’accès et l’équité à l’avenir.

« Bien que le rapport fasse état de progrès importants, il est clair que nous avons encore un long chemin à parcourir pour garantir l’accès universel et l’équité en matière d’éducation. Avec plus de 273 millions d’enfants non scolarisés – un chiffre en hausse pour la septième année consécutive – les gouvernements doivent redoubler d’efforts pour que chaque enfant puisse jouir de son droit à l’éducation. Nous appelons tous les gouvernements à subventionner pleinement l’enseignement public gratuit et de qualité », a déclaré David Edwards, secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation.

Selon le rapport, le progrès durable à long terme en matière d’accès et d’équité à grande échelle implique une approche systémique combinant la coordination entre les secteurs, un engagement politique soutenu, la capacité de mise en œuvre et l’adaptation aux contextes locaux. Le rapport analyse également les lacunes dans les rapports des pays et identifie les domaines dans lesquels des améliorations sont nécessaires en termes de suivi des progrès.

Accès à l’éducation : quels progrès depuis 2000 ?

Les conclusions du rapport montrent que même si l’accès pour tou·te·s ne sera pas atteint d’ici 2030, des avancées considérables ont néanmoins été réalisées. Depuis 2000, au niveau mondial, les inscriptions ont augmenté de 30 % dans l’enseignement primaire et secondaire, de 45 % dans l’enseignement préprimaire et de 161 % dans l’enseignement postsecondaire. Au cours de la même période, le taux d’achèvement est passé de 77 % à 88 % dans l’enseignement primaire, de 60 % à 78 % dans le premier cycle de l’enseignement secondaire et de 37 % à 61 % dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire.

Les progrès sont toutefois plus modestes s’ils sont mesurés depuis 2015. De plus, la population non scolarisée est en hausse pour la septième année consécutive. En 2024, 273 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes, soit environ 1 sur 6, étaient exclus de l’éducation. Il s’agit probablement d’une nette sous-estimation, compte tenu des difficultés liées à la collecte de données dans les pays touchés par des conflits.

Ci-après sont reprises quelques données clés concernant les différents niveaux de l’enseignement :

Enseignement préprimaire : En 2024, le taux de participation à l’éducation de la petite enfance un an avant l’entrée dans l’enseignement primaire était de 75 %. Le rapport souligne à juste titre l’importance de la suppression des frais d’inscription scolaire comme un moyen d’accroître la participation. En 2023, 69 des 119 pays pour lesquels des données sont disponibles garantissaient au moins une année d’enseignement préprimaire gratuit. Cependant, de nombreux gouvernements font largement appel à des prestataires non étatiques : seuls 10 pays disposant de données consacrent plus de 1 % de leur budget à l’enseignement préprimaire.

Enseignement primaire et secondaire : Depuis 2000, l’Afrique subsaharienne a plus que doublé le nombre d’inscriptions et plus que triplé le nombre d’inscriptions dans le secondaire. Au niveau mondial, entre 1998 et 2023, la durée moyenne de l’enseignement obligatoire a augmenté de 1,2 an et la durée moyenne de l’enseignement gratuit a augmenté de 0,8 an.

Enseignement postsecondaire : Au cours des 25 dernières années, le fossé s’est creusé entre l’accès à l’enseignement postsecondaire et l’obtention d’un diplôme. Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur a plus que doublé, passant de 19 % en 2000 à 44 % en 2024, soit une augmentation d’un point de pourcentage par an, tandis que le taux d’obtention de diplômes a augmenté à moins de la moitié de ce taux au cours de la même période, passant de 17 % à 27 %. La demande dans l’enseignement supérieur est limitée par l’accessibilité financière : seul un tiers des pays disposent d’universités publiques gratuites, tandis que l’ampleur et la nature des subventions accordées aux étudiant·e·s varient considérablement.

Pénurie croissante de personnel enseignant qualifié

Le rapport met en exergue des préoccupations majeures concernant le respect du droit de chaque enfant à un·e enseignant·e qualifié·e. Seuls 11 % des pays à faible revenu exigent une licence universitaire pour les enseignant·e·s du primaire, et seulement 78 % des enseignant·e·s du primaire ont une qualification académique (contre 89 % en 2013). Des mesures urgentes doivent être prises par les gouvernements pour remédier à cette pénurie d’enseignant·e·s qualifié·e·s.

Baisse des budgets de l’éducation

S’agissant du financement de l’éducation, seuls 22 % des pays disposant de données ont respecté les objectifs internationaux consistant à consacrer au moins 4 % du PIB et 15 % des dépenses publiques à l’éducation en 2023. Plus de la moitié des pays disposant de données ont en fait diminué la part de financement consacrée au secteur depuis le début du programme de l’ODD 4 en 2015.

La force du public : ensemble on fait école !

Le rapport corrobore les avertissements des syndicats de l’éducation concernant l’impact du sous-financement de l’éducation et de la pénurie mondiale de personnel enseignant sur le droit universel à une éducation de qualité.

La campagne mondiale de l’IE « La force du public : ensemble on fait école ! » est un appel urgent lancé aux gouvernements pour qu’ils investissent dans l’enseignement public, un droit humain fondamental et un bien public, et qu’ils investissent davantage dans les enseignant·e·s, le facteur le plus important pour parvenir à une éducation de qualité. Déjà active dans plus d’une cinquantaine de pays, la campagne devrait être présente dans 90 pays d’ici la fin de l’année.

Cliquez ici pour en savoir plus sur la campagne et y participer.