France : une semaine de mobilisation intersyndicale pour défendre l’Éducation publique
Face à un budget 2026 qui « organise l’asphyxie du service public d’Éducation », les syndicats français exigent des moyens, des emplois et une revalorisation salariale. Dans la continuité d’une multitude d’initiatives locales portées par des personnels déterminés à défendre leurs conditions de travail et le droit à l’éducation, ils appellent à une semaine de mobilisation nationale du 30 mars au 3 avril, incluant une journée de grève le 31 mars.
Un service public à bout de souffle
Dans leur communiqué du 20 mars, les organisations syndicales - FSU, UNSA Éducation, CFDT Éducation Formation et Recherche Publiques, CGT Éduc’action et SUD Éducation - tirent la sonnette d’alarme : les choix budgétaires du gouvernement, marqués par des suppressions de postes et un blocage de toute revalorisation salariale, aggravent une situation déjà critique.
Elles avertissent sans détour : « Ces choix ne peuvent que dégrader encore davantage un service public d’Éducation déjà exsangue. »
Dans le second degré, les effets sont déjà visibles : fermetures de divisions, classes surchargées, réduction de l’offre de formation, compléments de service imposés, et même, selon l’intersyndicale, « un chantage aux moyens pour maintenir des groupes de niveau ».
Les vies scolaires, en sous-effectifs chroniques, sont décrites comme « asphyxiées », fragilisant encore davantage le climat scolaire dans les collèges et lycées.
« Tout montre que le second degré paye, encore, un lourd tribut aux choix budgétaires et politiques du gouvernement », dénonce l’intersyndicale.
Des fermetures massives annoncées dans le primaire
Les opérations de carte scolaire dans le premier degré s’annoncent tout aussi alarmantes, avec des milliers de fermetures de classes attendues dès la semaine prochaine.
Les syndicats refusent cette nouvelle détérioration des conditions de travail et d’apprentissage : « Nous refusons de nouvelles dégradations dans le primaire, alors que le manque de moyens fragilise déjà le remplacement et l’école inclusive. »
Ils rappellent que la baisse démographique devrait être une opportunité pour réduire les effectifs par classe, et non une justification pour tailler encore dans les moyens.
Amplifier les mobilisations locales : un cadre national pour faire front
La semaine du 30 mars au 3 avril doit donc leur permettre à la fois d’unifier les actions et de leur offrir un écho plus large au plan national. Au programme : rassemblements, actions avec les parents d’élèves, grèves locales, conférences de presse, et initiatives symboliques comme les opérations « collèges morts ».
Les syndicats veulent faire entendre trois urgences majeures :
- Des moyens humains pour toutes les catégories de personnel,
- Des hausses salariales sans contrepartie,
- Une amélioration réelle des conditions de travail.
L’intersyndicale entend aussi se projeter vers l’avenir, soulignant que la bataille se joue déjà sur le budget 2027 : « La variable démographique ne peut être la boussole principale des choix en matière de moyens. Cette fuite en avant doit cesser. »
« La force du public : ensemble on fait école ! »
Cette semaine d’action des syndicats français est en droite ligne avec la campagne « La force du public : ensemble on fait école ! » de l’Internationale de l’Éducation. Il s’agit d’un appel urgent aux gouvernements pour qu'ils investissent dans l’enseignement public, un droit humain fondamental et un bien public, et qu'ils investissent davantage dans les enseignant·e·s, le facteur le plus important pour parvenir à une éducation de qualité. Cela signifie notamment valoriser les enseignant·e·s, respecter les enseignant·e·s en veillant à ce qu'il·elle·s soient au centre de la prise de décision et faire confiance à leur expertise pédagogique.
Comme le souligne Jelmer Evers, directeur de la région européenne de l’Internationale de l’Éducation, le Comité syndical européen de l’éducation (CSEE) : « La mobilisation des syndicats français rappelle une vérité essentielle : sans investissements publics ambitieux, il n’y a pas d’école de qualité. Les enseignants et enseignantes et l’ensemble des personnels éducatifs ne peuvent plus porter seuls un système asphyxié. Le CSEE et l’Internationale de l’Éducation se tiennent pleinement à leurs côtés pour défendre le droit de chaque élève à une éducation publique forte, équitable et financée à la hauteur des besoins. »