Ei-iE

SNAT Secretary General, Lot Vilakati being arrested by the police on 22 April 2026 (credit: SNAT)
SNAT Secretary General, Lot Vilakati being arrested by the police on 22 April 2026 (credit: SNAT)

Eswatini : L’Internationale de l’Éducation condamne l’arrestation et le harcèlement de dirigeants syndicaux de l’éducation

Publié 24 avril 2026 Mis à jour 28 avril 2026

L’Internationale de l’Éducation (IE) exprime sa solidarité indéfectible avec le Swaziland National Association of Teachers (SNAT), ses responsables et ses membres, à la suite de la dernière attaque en date menée par les autorités d’Eswatini contre la direction du syndicat. Le 23 avril, la police d’Eswatini a arrêté Lot Vilakati, Secrétaire général du SNAT, ainsi que d’autres dirigeants syndicaux du secteur public alors qu’ils remettaient pacifiquement une pétition au bureau du Premier ministre.

Les revendications des responsables syndicaux portent sur le non-respect par le gouvernement de son engagement d’augmenter les salaires des enseignant·e·s et des fonctionnaires. Selon le SNAT, M. Vilakati a été violemment battu par la police puis abandonné dans une forêt.

Cette attaque antisyndicale représente une grave escalade de la répression et une agression inacceptable à l’encontre des membres du syndicat de l’éducation.

L’Internationale de l’Éducation exhorte les autorités d’Eswatini à mettre immédiatement fin à la persécution des dirigeants du SNAT, à garantir leur sécurité et à respecter leurs droits humains et syndicaux fondamentaux.

Le Secrétaire général de l’IE, David Edwards, a réaffirmé l’engagement de l’IE envers les membres du SNAT : « Nous sommes aux côtés de cette organisation engagée, courageuse et dynamique qui défend un enseignement et un apprentissage de qualité pour les élèves et les enseignants et enseignantes d’Eswatini face à la répression, à la violence et aux menaces. Le personnel enseignant a le droit d’être traité équitablement, de voir ses droits respectés et d’enseigner aux élèves avec les ressources nécessaires, sans crainte ni intimidation, et cela partout dans le monde. »

« Le recours à l’intimidation et au harcèlement pour menacer les dirigeants syndicaux et les personnels de l’éducation qui réclament pacifiquement de meilleures conditions de travail est tout à fait inacceptable », a déclaré le Président de l’IE, Mugwena Maluleke. « Notre solidarité avec le SNAT n’est pas passagère, et cet acte d’intimidation n’est pas un incident isolé. Depuis des années, les personnels de l’éducation d’Eswatini sont confrontés au harcèlement, aux menaces et à la répression simplement parce qu’ils s’organisent et défendent l’éducation publique. L’Internationale de l’Éducation se tient aux côtés du SNAT pour la longue lutte qui s’annonce — jusqu’à ce que la voix des enseignantes et enseignants soit respectée, que leurs dirigeants soient en sécurité et que leurs droits fondamentaux soient pleinement garantis. »

Une solidarité inébranlable

Depuis de nombreuses années, le SNAT, son Président, Mbongwa Dlamini, et son Secrétaire général, Lot Vilakati, sont pris pour cibles par les autorités d’Eswatini. L’Internationale de l’Éducation a fait preuve d’une solidarité indéfectible envers les dirigeants et les membres du syndicat de l’éducation en réponse au harcèlement et à la persécution antisyndicaux incessants par les autorités d’Eswatini. Ce soutien s’est traduit notamment par une mission de solidarité de haut niveau de l’IE en Eswatini en 2023, ainsi que par l’adoption d’une résolution du Bureau exécutif sur la situation dans le pays. L’Internationale de l’Éducation a également aidé le SNAT à porter à l’attention de l’Organisation internationale du Travail (OIT) les graves violations des normes internationales du travail commises par l’Eswatini.

En juin 2024, la Conférence internationale du Travail a exprimé « sa profonde préoccupation face à la détérioration de l’ordre public et à son impact négatif sur les droits syndicaux en Eswatini, ainsi qu’à la culture d’impunité qui entoure les crimes commis contre les syndicalistes ».

L’Organisation internationale du travail (OIT) a exhorté le gouvernement à prendre des mesures efficaces et urgentes pour mettre fin aux traitements violents, aux intimidations ou au harcèlement (y compris le harcèlement judiciaire) dont sont victimes les dirigeants et les membres des syndicats du secteur de l’éducation menant des activités syndicales légales, et à mener des enquêtes indépendantes sur la persécution de Mbongwa Dlamini, qui est illégalement suspendu de ses fonctions d’enseignant depuis 2022. En outre, elle a appelé à garantir que les organisations de travailleurs et travailleuses, notamment le Trade Union Congress of Swaziland (TUCOSWA) et le SNAT, disposent de l’autonomie et de l’indépendance nécessaires pour remplir leur mandat et représenter leurs membres.