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Argentine : solidarité internationale avec les enseignant·e·s et les personnels de soutien à l’éducation

Publié 4 août 2026 Mis à jour 7 août 2026

Bénéficiant du soutien de l’Internationale de l’Éducation et de son Comité régional pour l’Amérique latine, les travailleuses et travailleurs de l’éducation de l’Argentine se sont mobilisé·e·s autour d’un ensemble de demandes et revendications pour une journée de grève nationale des personnels enseignants le 3 août dernier.

Une journée de résistance

Très largement suivi à travers tout le pays, le mouvement de grève a rallié un nombre important de travailleuses et de travailleurs de l’éducation qui ont participé à un éventail d’actions et de mobilisations dans chaque province.

Les enseignant·e·s réclamaient notamment la mise en œuvre urgente de la Commission paritaire nationale des enseignant·e·s ( Paritaria Nacional Docente), une augmentation salariale proportionnelle à la hausse du coût de la vie, la restitution et le paiement du Fonds national de soutien à l’enseignement ( Fondo Nacional de Incentivo Docente, FONID), ainsi que le transfert des fonds nationaux pour l’éducation dont le gouvernement national est redevable aux provinces. Par ailleurs, les enseignant·e·s ont appelé à l’adoption d’une nouvelle loi sur le financement de l’éducation, à la protection des retraites des personnels enseignants, ainsi qu’à l’abandon du projet de loi sur la liberté éducative ( Ley de Libertad Educativa) et des mesures qui visent à réduire le financement de l’enseignement public et à empêcher l’avancement des droits des travailleurs et travailleuses.

Les manifestations ont culminé avec un rassemblement de masse devant le ministère de l’Économie, où les enseignant·e·s ont exprimé avec fermeté leurs revendications en faveur de nouvelles politiques garantissant le droit social à l’éducation et le respect des travailleurs et travailleuses. La grève et les manifestations ont été menées conjointement par la Confederación de Trabajadores de Educación de la República Argentina (CTERA) et la Federación Nacional de Docentes Universitarios (CONADU), toutes deux affiliées à l’Internationale de l’Éducation (IE). CONADU Histórica et l’ Asociación de Trabajadores del Estado (ATE) ont également pris part à l’organisation de la grève et des mobilisations.

Solidarité internationale

L’ampleur de la grève et les mobilisations massives dans les rues du pays témoignent du profond malaise que ressentent les personnels enseignants argentins face aux mesures d’austérité qui ciblent l’éducation publique et à l’absence de réponses de la part du gouvernement.

L’Internationale de l’Éducation a réaffirmé son soutien sans faille à ses organisations membres ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative en Argentine. Dans une lettre de soutien adressée au mouvement syndical argentin, le secrétaire général de l’IE, David Edwards, a déclaré que « l’Internationale de l’Éducation interpellera l’Organisation internationale du Travail (OIT) au sujet de l’attaque brutale du gouvernement de Javier Milei contre la profession enseignante. Le gouvernement argentin enfreint les conventions 87 et 98 de l’OIT relatives à la liberté syndicale. » Il a ajouté que le dialogue et l’engagement en faveur de l’éducation publique étaient indispensables pour faire face à une conjoncture historique particulièrement difficile.

Le Comité régional de l’IE pour l’Amérique latine a également publié une lettre de soutien dans laquelle il déclare que : « La grève nationale des personnels enseignants du 3 août est non seulement protégée par la constitution de la République argentine, mais elle est également conforme aux dispositions des conventions 87, 98 et 151 de l’OIT, ainsi qu’aux avis rendus par ses organes de contrôle. »

Le Comité régional exhorte en outre le gouvernement et les autorités argentines à s’abstenir du recours à des sanctions administratives, à des amendes ou à toute autre mesure de rétorsion à l’encontre des syndicats et des personnels de l’éducation pour avoir appelé à la grève nationale du 3 août 2026, l’avoir organisée ou y avoir participé.

Plusieurs organisations membres de l’Internationale de l’Éducation, dont le syndicat japonais JTU et le syndicat irakien KTU, ont d’ores et déjà exprimé leur solidarité avec leurs homologues argentins et d’autres affiliés devraient leur emboîter le pas prochainement alors que les enseignants et enseignantes de l’Argentine continuent de résister aux attaques du gouvernement à leur encontre.