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Syrie : L’Internationale de l’Éducation se range aux côtés de l’UTNES pour défendre l’enseignement en langue kurde

Publié 8 septembre 2026 Mis à jour 11 septembre 2026

L’Internationale de l’Éducation (IE) se tient aux côtés du Teachers’ Union of North and East Syria (UTNES) et de ses membres qui défendent l’enseignement dans la langue maternelle, les droits professionnels du personnel enseignant et la participation démocratique à la réforme de l’éducation dans leur région.

Le 30 août, des enseignant·e·s et des travailleur·euse·s de l’éducation se sont rassemblé·e·s pacifiquement devant la Direction de l’éducation à Hassaké. Leur action visait à défendre le droit des élèves kurdophones à apprendre dans leur langue maternelle ainsi que le rôle professionnel des enseignant·e·s qui ont passé des années à élaborer des programmes scolaires, du matériel pédagogique, des approches pédagogiques et à acquérir une expertise en langue kurde.

L’IE a exprimé sa ferme solidarité avec l’UTNES à la suite d’une décision visant à limiter l’enseignement en langue kurde à trois heures de cours par semaine pour les élèves kurdes. L’IE a appelé le ministère de l’Éducation à reconsidérer cette mesure et à dialoguer directement avec les enseignant·e·s et leur syndicat représentatif.

Défendre les droits liés à l’éducation

L’UTNES a averti que la réduction de l’enseignement en langue kurde affaiblirait la capacité des élèves à apprendre, lire, écrire et utiliser leur langue maternelle dans un contexte scolaire. Le syndicat souligne que la question ne se résume pas à la répartition des heures dans l’emploi du temps. Elle concerne avant tout les droits linguistiques et culturels, l’égalité d’accès à une éducation de qualité et la place de la langue kurde au sein du système éducatif.

Dans une lettre de protestation adressée au ministre syrien de l’Éducation, S.E. le Dr Mohammed Abdul Rahman Turko, le secrétaire général de l’IE, David Edwards, a en outre souligné qu’une atteinte à l’enseignement dans la langue maternelle affecte également les droits, les moyens de subsistance et le statut professionnel des enseignant·e·s :

« L’Internationale de l’Éducation est fermement convaincue que l’accès à l’éducation dans sa langue maternelle est un droit éducatif fondamental et un facteur essentiel pour promouvoir une éducation de qualité, inclusive et équitable. »

David Edwards, secrétaire général de l’IE.

Défendre l’expertise et les conditions de travail des enseignant·e·s

La réduction proposée met également en péril le travail réalisé par les enseignant·e·s de langue kurde. Les enseignant·e·s ont consacré un temps considérable et déployé des efforts collectifs pour élaborer des programmes et du matériel pédagogique et pour renforcer leur pratique professionnelle. Marginaliser l’enseignement en langue kurde reviendrait à déprécier cette expertise et aurait des répercussions négatives sur la charge de travail, les responsabilités et les besoins futurs en matière d’emploi.

Pour l’IE et l’UTNES, la réforme de l’éducation ne peut être imposée à ceux qui rendent l’éducation possible au quotidien. Les enseignant·e·s et leurs syndicats doivent être reconnus comme des partenaires essentiels dans l’élaboration des politiques. Leur connaissance des écoles et des salles de classe est indispensable à des réformes viables, durables et ancrées dans le droit à une éducation de qualité.

« Un dialogue social constructif et une consultation avec les représentants et représentantes des travailleurs et travailleuses de l’éducation sont essentiels pour garantir que les réformes éducatives soient durables, fondées sur des données factuelles et adaptées aux réalités des établissements scolaires et des salles de classe », a souligné M. Edwards.

L’IE et les élèves soutiennent les revendications de l’UTNES

L’IE soutient donc l’UTNES et ses membres dans leur appel aux autorités pour :

  • Reconsidérer la décision limitant l’enseignement en langue kurde à trois cours par semaine ;
  • Préserver le droit des élèves à une éducation de qualité dans leur langue maternelle.
  • Maintenir l’enseignement en langue kurde en tant que composante à part entière du système éducatif.
  • Protéger les acquis pédagogiques et l’expertise professionnelle développés au fil des années d’enseignement et d’apprentissage du kurde.
  • Protéger le rôle, les conditions de travail et la sécurité de l’emploi des enseignant·e·s kurdophones.
  • Engager une consultation constructive avec les enseignant·e·s, l’UTNES et les autres acteur·trice·s du secteur de l’éducation sur les questions linguistiques, les programmes scolaires et les réformes plus larges.

Des élèves se sont également joints à des manifestations pacifiques pour soutenir les revendications de l’UTNES. Ils·elles refusent d’entrer en classe tant qu’on ne leur accorde pas le droit d’étudier dans leur langue maternelle.

Un dialogue fondé sur les droits

L’UTNES a réaffirmé que les enseignant·e·s ne s’opposaient pas aux efforts visant à améliorer le système éducatif. Ils·elles exigent que le changement soit façonné de manière démocratique, en impliquant pleinement ceux∙celles qui enseignent et représentent la profession dans les décisions qui affectent l’enseignement et l’apprentissage.

Le syndicat reste attaché au dialogue pacifique et prêt à collaborer avec les autorités pour trouver des solutions qui protègent les droits éducatifs des élèves et la stabilité du système éducatif. L’IE se fait l’écho de cet engagement tout en précisant que le dialogue doit protéger, et non compromettre, les droits éducatifs et professionnels durement acquis.

« Un dialogue constructif entre les autorités éducatives et les représentants des enseignants et enseignantes constitue la meilleure voie vers des politiques qui garantissent une éducation de qualité, la cohésion sociale et les droits de tous et toutes les apprenants et apprenantes et éducateurs et éducatrice·s », a expliqué M. Edwards.

Il a conclu : « Nous invitons respectueusement le ministère à dialoguer avec les enseignants et enseignantes et leurs syndicats afin de trouver des solutions qui préservent les droits à l’éducation, renforcent la qualité de l’enseignement et maintiennent la confiance dans le système éducatif. »