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Conférence mondiale des femmes de l'IE: pas de justice de genre sans paix, démocratie et justice climatique

Publié 17 septembre 2026 Mis à jour 18 septembre 2026

Lors de la dernière journée de la 5e Conférence mondiale des femmes de l’Internationale de l’Éducation (IE), les déléguées ont examiné les défis mondiaux et leurs répercussions sur les femmes du secteur de l’éducation. Reconnaissant que la paix, la démocratie et la justice climatique sont des conditions préalables à la justice de genre, les syndicalistes de l’éducation se sont engagées à unir leurs forces pour faire avancer, partout dans le monde, un programme fondé sur la justice.

Dans un discours d’ouverture inspirant, Jeannette Jara, ancienne ministre du Travail et de la Protection sociale du Chili et ancienne candidate à la présidence, a évoqué la montée des forces d’extrême droite en Amérique latine et la menace qu’elles représentent pour les femmes, les travailleuses et l’éducation. Elle a conclu son intervention par un vibrant appel aux syndicats à résister et à se mobiliser pour défendre les droits des femmes, les droits des travailleuses et travailleurs, ainsi que le droit fondamental à l’éducation partout dans le monde.

Défendre la démocratie

À l'heure où la démocratie est mise à rude épreuve dans de nombreuses régions du monde, les syndicats de l'éducation se mobilisent et s'organisent pour la défendre. Des dirigeantes syndicales d'Argentine, des États-Unis, de Turquie et d'Allemagne ont présenté certaines des stratégies mises en œuvre par leurs organisations pour résister à l'autoritarisme et ont encouragé leurs collègues à suivre leur exemple.

La solidarité au service de la paix

Les participantes ont également eu l’occasion d’aller au-delà des gros titres pour entendre les témoignages de collègues vivant dans des situations de guerre et de conflit, notamment en Palestine, en Ukraine, au Liban et en Colombie.

Si ces témoignages ont mis en lumière des expériences bouleversantes et de profondes injustices, la solidarité est apparue comme un puissant vecteur d’espoir et de paix. Malgré des circonstances extrêmes, et grâce au soutien de leurs collègues du monde entier, les syndicats de l’éducation opérant dans des contextes de crise continuent de se mobiliser et d'agir pour leurs membres et leurs élèves.

Mobilisation pour la justice climatique

La crise climatique et le combat pour les droits des femmes constituent deux défis urgents étroitement liés. Les participantes à la conférence ont analysé la manière dont la crise climatique affecte de façon disproportionnée les femmes et les communautés marginalisées, ainsi que la manière dont ses répercussions se conjuguent à d’autres formes d’inégalité et d'exclusion. Des intervenantes originaires des Caraïbes, des Philippines, du Maroc et d’Australie ont souligné les effets de la crise climatique sur les communautés éducatives et partagé des stratégies syndicales en faveur de l’action pour le climat.

La Déclaration de Bahia

La 5e Conférence mondiale des femmes de l’IE s’est conclue en apothéose avec l’adoption de la Déclaration de Bahia : Debout et unies pour la justice de genre.

« Cette déclaration a pour objectif de refléter l’esprit de cette conférence, ainsi que l’esprit qui nous anime en tant que femmes, en tant qu’enseignantes, en tant que membres des personnels de soutien à l’éducation, en tant que syndicalistes et en tant que sœurs. Elle reflète nos principales revendications et, surtout, elle constitue un véritable appel à l’action. Un appel adressé à toutes nos sœurs dans nos pays respectifs ; un appel à tous nos frères pour qu’ils redoublent d’efforts. Un appel à nos gouvernements pour qu’ils assument pleinement leurs responsabilités à notre égard : nous, les femmes qui faisons vivre l’éducation partout dans le monde. Car c’est le rôle des gouvernements de garantir le respect de nos droits humains et syndicaux. C’est le rôle des gouvernements d'assurer le financement intégral de nos systèmes d'enseignement public », a déclaré Marième Sakho Dansokho, vice-présidente de l’Internationale de l’Éducation.

La Déclaration soutiendra et renforcera le travail de l’IE en faveur de la justice de genre au cours des prochaines années, en paralèlle au nouveau Plan d’action de l’IE pour l’égalité des genres 2026-2029.

La Déclaration a été lue par les femmes membres du Bureau exécutif de l’IE et adoptée par les acclamations enthousiasmées des participantes à la Conférence.