Les syndicalistes unis pour assurer les droits des LGBTI sur le lieu de travail

« L’Internationale de l’Education est un des syndicats leaders mondiaux dans la lutte pour le respect des droits des lesbiennes, homosexuels, bisexuels, personnes transgenres, transsexuels et personnes intersexuées. » Daniel Lafrenière, membre du Bureau Exécutif de l’Internationale de l’Education l’a rappelé lors d’un grand événement syndical.

Une forte délégation syndicale a participé au Forum lesbien, gay, bisexuel, transgenre et intersexué (LGBTI) de l’Internationale de l’Education (EI)/Internationale des Services Publics (PSI) qui s’est tenu le 30 octobre à Genève en Suisse avant le 30e Congrès mondial de l’ISP et qui visait à échanger des bonnes pratiques, renforcer les alliances et partager des informations sur les tendances actuelles et des conseils sur le travail à réaliser.  

FORUM LGBTI ISP/IE : un environnement d’apprentissage sûr est un environnement de travail sûr

Plus de 80 délégués de toutes les régions ont suivi les remarques d’ouverture de la Secrétaire générale de l’ISP, Rosa Pavanelli, du membre du Bureau Exécutif de l’IE et du Secrétaire-trésorier de la Centrale des Syndicats du Québec, Daniel Lafrenière ainsi qu’une discussion sous forme de panel sur la lutte pour l’inclusion et l’égalité modérée par Meredith Peace de l’Australian Education Union.

Alexandra Bojanic du syndicat français SNUipp-FSU a présenté le travail de son syndicat pour l’éducation contre l’homophobie dans les écoles primaires qui inclut du matériel pédagogique à utiliser pour aborder ce sujet en classe. Elle a expliqué que trois sessions d’éducation sexuelle par an sont prévues par le programme et comment celles-ci peuvent être utilisées pour aborder la question de l’homophobie et répondre aux questions des enfants sur les relations affectives.  

Le groupe de travail LGBTI du syndicat de l’éducation GEW a expliqué son parcours. Il soutient les enseignants et éducateurs LGBTI et lutte pour l’acceptation de la diversité sexuelle dans l’éducation depuis 40 ans. Il a insisté sur le fait que la visibilité LGBTI était essentielle pour l’acceptation. Toutefois, révéler son identité sexuelle aux collègues, étudiants ou parents est toujours un risque personnel. Cela doit donc être une décision personnelle qui devrait être soutenue par le groupe LGBTI et le syndicat. GEW travaille en collaboration avec le conseil syndical allemand DGB sur les droits LGBTI.

« Les droits de l’homme doivent être clairs et appliqués », a insisté Shauna Olney, Responsable en charge des questions de genre, égalité et diversité et du service du VIH/sida de l’Organisation internationale du travail (OIT), a présenté le travail de l’OIT «LGBTQ : leaving none behind ». Shauna a souligné l’importance du processus d’établissement des normes sur la violence et le harcèlement contre les femmes et les hommes dans le monde du travail. Le projet PRIDE de l’OIT faisant la promotion de la diversité au travail a réalisé une enquête de tolérance interne à l’OIT sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Celle-ci a révélé que presque 40% des répondants LGBT n’étaient pas ouverts à propos de leur identité sexuelle car ils craignaient des effets négatifs. En mai 2017, le siège de l’OIT a déployé le drapeau arc-en-ciel pour célébrer la Journée internationale contre l’homophobie.

Olney a également fait référence à la Recommandation de l’OIT sur les agences d’emploi privées n°188, et à la Recommandation de l’OIT sur le HIV/sida n°200 qui comprennent des clauses spécifiques sur la non-discrimination sur base de l’orientation sexuelle, ainsi qu’à la Convention de l’OIT n°111 qui inclut une disposition pour l’inclusion d’autres raisons de discrimination.

Protéger les étudiants et les éducateurs LGBTI

Lors d’un panel, le Japan Teachers’ Union (JTU) a souligné quelques défis permanents rencontrés par les syndicats pour renforcer la protection des étudiants et éducateurs LGBTI. Le JTU a noté que, même si les habitudes varient fortement d’école en école, nombre d’entre elles ne sont toujours pas positives à l’égard des LGBTI et que le programme scolaire national n’aborde les droits des étudiants LGBTI.

Pour la Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, Sharon Burrow, « le parcours des syndicats à propos des droits LGBTI a été remarquable, mais si nous n’incluons pas toutes les communautés, nous ne pouvons pas développer les syndicats mondiaux et le pouvoir des travailleurs que nous représentons. » Elle a demandé aux participants de réfléchir à la façon dont les syndicats mondiaux peuvent assurer plus efficacement les droits LGBTI dans le mouvement syndical et encourager le groupe de travail LGBTI récemment fondé par le Conseil des syndicats mondiaux, en particulier dans les pays où les personnes LGBTI sont hors-la-loi. Elle a également souligné l’importance des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’hommequi représentent la base pour promouvoir la diligence raisonnable pour les droits de l’homme dans les chaines d’approvisionnement mondiales et s’assurer que les droits de l’homme incluent les droits LGBTI.

Eric Brown, membre du Comité exécutif de la National Education Association (NEA) et professeur de biologie dans le secondaire aux Etats-Unis, a parlé de l’importance de « suivre les étudiants ». Il a expliqué que la NEA a utilisé avec succès le système judiciaire pour promouvoir le mariage, l’égalité et les droits des étudiants transgenres. Toutefois, a-t-il expliqué, même dans les Etats relativement progressistes, les étudiants LGBTI font l’objet de violences et la situation est souvent plus grave pour les étudiants LGBTI de couleur. La NEA accueille positivement le travail de l’UNESCO sur les violences homophobiques et transphobiques et elle éduque également ses membres pour s’assurer qu’ils sont formés sur les questions LGBTI. Elle base son travail sur le principe qu’un environnement d’apprentissage sûr est un environnement de travail sûr.

Le session finale a permis aux syndicalistes de réfléchir aux prochaines étapes et de faire des suggestions concrètes pour leur syndicat respectif. L’Internationale des Services Publics a abordé son projet de résolution et ses plans d’actions à venir et la délégation de l’IE a pu apporter des idées relatives à la mise en œuvre de la résolution de l’IE de 2015  et a suggéré des actions avant le prochain Congrès de l’IE sur les questions LGBTI. 

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