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Irak: le défi de trouver un équilibre entre une éducation de qualité et des écoles sûres

Publié 2 mars 2015 Mis à jour 4 mars 2022

Dans leurs efforts menés pour fournir une éducation de qualité en Irak, les enseignant(e)s du pays appellent au soutien des autorités publiques face à la menace grandissante de l’Etat islamique en Irak et en Syrie.

De récentes manifestations organisées par le secteur technique national de l’ Iraqi Teachers’ Union(ITU) ont exprimé leur opposition à la politique de l’éducation du gouvernement qui vise à restructurer le secteur sans consulter préalablement les syndicats d’enseignants.

L’ITU, un affilié de l’Internationale de l’Education (IE), déclare que le secteur de l’éducation subit les conséquences du déficit du budget national causé par la guerre contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie (ISIS) et de la chute abrupte du prix du pétrole.

Parvenir à trouver un équilibre entre  une éducation de qualité et vivre en sécurité demeure un enjeu majeur. Les syndicats appellent le gouvernement irakien a apporté les fonds nécessaires à  la lutte contre ISIS, mais de le faire sans sacrifier les ressources pédagogiques.

Entretien faisant référence à la manifestation organisée par le secteur technique national de l’ Iraqi Teachers’ Union au centre de Bagdad le 20 février (en arabe):

Même avec la réalité de la guerre omniprésente en Irak et dans la région, l’ITU et le Kurdistan Teachers’ Union(KTU), autre affilié de l’IE, ont convenu de coopérer dans le but d’améliorer les qualifications des enseignant(e)s et d’œuvrer vers la démocratie.

Pendant tout le mois de novembre dernier, les syndicats,  y compris l’ITU, ont organisé une série de marches pour protester contre les lois du travail restrictives que le gouvernement irakien est déterminé à mettre en place malgré la pression internationale. Il y a  eu des manifestations médiatisées réclamant la justice, de meilleures conditions pour les travailleurs/euses, et un terme aux violations des droits humains.

Irak: la crise cachée dans l’éducation

Le chaos qui règne sur l’Irak a entrainé une « crise cachée », à savoir le manque d’accès à l’éducation, selon Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO. « L’accès à l’éducation est un droit humain, un développement et un impératif de sécurité  », a-t-elle déclaré lors d’une visite récente dans un camp de personnes déplacées au Kurdistan, en ajoutant que cela est « indispensable pour la stabilité future de l’Irak. »

Priver d’éducation les enfants irakiens les rend  vulnérables à la violence, aux abus ou à la manipulation idéologique, a fait remarquer Bokova.

Soutien du Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le National Association of Schoolmasters Union of Women Teachers(NASUWT) a exprimé son soutien aux syndicalistes de l’éducation en Irak. « Il doit y avoir un véritable avenir démocratique pour le peuple de l’Irak », a déclaré Patrick Roach, Secrétaire général adjoint du NASWUT.

Afflux de refugié(e)s entraînant un problème de  surpopulation

Faisant écho aux sentiments de Bokova et de Roach, le Secrétaire général de l’ITU, Raheem  Mohammed Abbas a identifié un problème croissant: les refugié(e)s.

« Depuis que l’Etat islamique en Irak et en Syrie ont pris le contrôle des villes, les refugiées et réfugiés qui ont fui ISIS avec leurs familles, leurs enfants, représentent un nouveau problème », a-t-il déclaré au cours de la deuxième réunion de la  Structure interrégionale des Pays Arabes de l’IE qui s’est tenue à Amman en Jordanie, en décembre dernier. « Environ 100.000 personnes sont parties pour rejoindre des provinces en sécurité, générant d’importants problèmes, étant donné que les écoles sont déjà surchargées. Nous connaissons donc une véritable crise et des difficultés majeures. »

Selon les ministères chargés de l’éducation, deux millions d’étudiant(e)s parmi les neuf millions estimés dans tous les secteurs de l’éducation ont fui vers Bagdad, le Kurdistan et le sud de l’Irak.