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Les syndicats africains de l’éducation élaborent des stratégies afin d’assurer l’éducation des réfugié(e)s

Publié 13 septembre 2017 Mis à jour 20 septembre 2017

Le Secrétaire général de l’Internationale de l’Education a réaffirmé la nécessité que les syndicats de l’éducation, en Afrique et dans le monde, poursuivent leurs efforts en vue d’obtenir le droit des réfugié(e)s à accéder à une éducation de qualité.

« Nous sommes rassemblés ici à Addis par notre profonde préoccupation concernant le destin des enfants déplacés de force » pour discuter «  de la manière de faire du droit à une éducation de qualité une réalité pour ceux qui sont probablement les plus vulnérables parmi les plus défavorisés », a déclaré le Secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation (IE) dans son allocution d’ouverture prononcée lors de l’atelier de la région Afrique de l’IE sur l’éducation des réfugié(e)s, qui s’est déroulé du 13 au 15 septembre à Addis Abeba, en Ethiopie.

L’esprit même du métier d’enseignant(e), a-t-il rappelé, est « le désir de créer une équité au sein de la classe, de l’école et, oui, de la société en général ».

Il a également expliqué que cet atelier prendra appui sur les conclusions de la conférence de l’an dernier à Stockholm, en Suède, où ont été discutées les manières de répondre aux besoins éducatifs des enfants réfugiés et d’aider les enseignant(e)s et les syndicats de l’éducation à les satisfaire.

L’IE, a-t-il dit, s’inquiète du nombre sans cesse croissant de migrant(e)s forcé(e)s, de leur souffrance, de l’enfer qu’ils ont vécu, de leur calvaire et de leurs traumatismes. Face à cette tragédie humaine sans précédent, la fédération syndicale mondiale est « gênée par la réticence des gouvernements à respecter les conventions internationales et à s’attaquer aux causes de la migration forcée ».

Observant que depuis le jour de sa création, l’IE est aux avant-postes dans la lutte mondiale pour une éducation de qualité pour tou(te)s et l’égalité des chances, jusqu’aux plus marginalisé(e)s, van Leeuwen a reconnu les progrès réalisés et a souligné qu’en 2015, les Nations unies ont décidé que l’enseignement primaire et secondaire devront être gratuits pour tous les enfants d’ici 2030. Dans le même temps, le Sommet des NU sur les réfugiés et les migrants a promis que les Etats membres garantiraient l’accès à l’éducation à tous les enfants déplacés de force à l’intérieur de leurs frontières nationales.

Des dirigeant(e)s africain(e)s de l’éducation de premier plan explorent des pistes pour assurer un accès à l’éducation pour les enfants réfugiés et déplacés de force

L’objectif premier de l’atelier d’Addis Abeba, a insisté van Leeuwen, est d’explorer des pistes pour assurer l’accès des enfants réfugiés et déplacés de force à l’éducation, à nos systèmes scolaires nationaux et pour permettre aux enseignant(e)s réfugié(e)s d’enseigner et de discuter des défis professionnels au niveau de l’école et de la classe.

Après avoir souligné que la scolarisation des enfants de migrant(e)s forcé(e)s, avec ou sans papiers, est une responsabilité conjointe du gouvernement, de la société civile, des parents, des étudiant(e)s, des syndicats et du corps enseignant, il a continué en précisant que, bien que le nombre de réfugié(e)s dans les pays occidentaux ait atteint son niveau le plus élevé depuis des décennies, la plupart des réfugié(e)s ne se trouvent pas en Europe ou en Amérique du Nord, mais bien dans les pays en développement, où l’on recense environ 88 % des 65,3 millions de personnes déplacées de force.

Reconnaissant que les pays d’Afrique supportent la charge des réfugié(e)s et des personnes déplacées, van Leeuwen a qualifié l’atelier de « déclaration politique »: « Nous devons continuer à mettre en lumière l’échec de nos gouvernements à traiter les causes des mouvements massifs de personnes fuyant leur pays. Il est impossible de regarder les événements horribles et brutaux dans les zones de conflit de ce continent sans aspirer à une volonté politique de mettre un terme à ces conflits. Nous observons une combinaison mortelle: ne pas faire grand-chose pour résoudre les conflits et ne pas vouloir accepter ceux qui fuient pour sauver leur vie ».

Les syndicats de l’éducation doivent s’en tenir à leurs valeurs fondamentales

Il est essentiel, selon le dirigeant de l’IE, que les syndicats de l’éducation d’Afrique et du monde s’en tiennent à leurs valeurs fondamentales et défendent le droit à l’éducation des plus défavorisé(e)s, parce que « l’éducation n’est pas la seule solution, mais qu’il n’y a pas de solution sans éducation ».

Il a également rappelé que le rôle des syndicats de l’éducation en Afrique et dans le monde consiste à rappeler aux gouvernements leur responsabilité de garantir le droit à l’éducation pour tous les enfants et tous les jeunes, y compris les migrant(e)s forcé(e)s, de veiller à l’améliorer des infrastructures scolaires dans les camps de réfugié(e)s, d’aider les membres, les enseignant(e)s et les parents à accueillir les enfants dans les classes et les établissements scolaires de nos systèmes scolaires ordinaires et de proposer au personnel de l’éducation des activités de développement professionnel sur cette problématique.

L’IE, a insisté van Leeuwen, soutiendra ses organisations membres dans leur travail de plaidoyer auprès de la communauté internationale et s'efforcera d’obtenir des fonds pour les programmes que des syndicats pourraient vouloir entreprendre en faveur des réfugié(e)s.

Les 50 dirigeant(e)s africain(e)s de l’éducation vont explorer des solutions afin d’atténuer l’impact négatif du statut de réfugié(e) au cours de l’atelier et discuter de la manière dont les syndicats de l’éducation peuvent travailler au sein de leurs propres structures et avec d’autres parties prenantes, le gouvernement et les agences intergouvernementales pour relever les défis éducatifs des réfugié(e)s. Ils vont promouvoir le droit d’enseigner des enseignant(e)s réfugié(e)s et du personnel de soutien dans les pays d’accueil et offrir des activités de développement professionnel au personnel de l’éducation travaillant avec des réfugié(e)s et des populations déplacées.

Pour en savoir plus et vous rendre sur le site web de l'IE centré sur l'éducation des migrant(e)s, cliquez ici.