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Mondes de l'éducation

Réforme du budget de l’éducation : optimiser l’impact des financements pour garantir qualité et équité en Indonésie

Publié 22 janvier 2026 Mis à jour 22 janvier 2026
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L’Indonésie mérite d’être saluée pour avoir fait de l’éducation une priorité constitutionnelle. Cet engagement est le signe que notre pays a conscience que ce secteur n’est pas seulement une branche du développement, mais la base véritable de la démocratie, de la citoyenneté et du développement humain. Cependant, malgré l’attention portée par l’État à ce domaine, une question fondamentale demeure : dans quelle mesure la politique budgétaire en matière d’enseignement est-elle réellement capable d’apporter une réponse aux enjeux de qualité et d’équité éducatives.

En pratique, l’analyse seule du montant du budget alloué à l’éducation ne suffit pas à déterminer la capacité de celui-ci à améliorer la qualité de l’enseignement et à assurer la répartition équitable des services pédagogiques. Le principal problème réside dans l’approche de la politique budgétaire, qui repose toujours sur calcul uniforme et standardisé des « fonctions éducatives », plutôt que sur les besoins réels des élèves et des établissements d’enseignement. De plus, le budget de l’éducation est divisé entre différents ministères et institutions aux intérêts divergents, notamment la formation des fonctionnaires et l'éducation des fonctionnaires. Il en résulte une fragmentation des objectifs budgétaires et un affaiblissement de son influence sur la qualité de l’enseignement au niveau national.

Cette situation a des conséquences directes sur les écoles et les universités. De nombreux établissements pédagogiques disposent d’infrastructures inadaptées, d’un accès à la technologie insuffisant et d’une aide à l’apprentissage inadéquate. Les disparités entre les régions en ce qui concerne la qualité de l’éducation n’ont pas été suffisamment prises en compte. Dans les zones reculées et défavorisées, les écoles s’efforcent, avec difficultés, de respecter les normes nationales alors que les politiques et les aides financières ne répondent pas entièrement à leurs besoins.

Les enseignants et enseignantes occupent une place centrale dans cette équation. En tant que clé de voûte de l’éducation, les personnels de l’éducation devraient être au cœur des politiques budgétaires. Cependant, nombre d’enseignants et enseignantes font encore face à des problèmes liés à leur bien-être, à un statut précaire et à un accès limité au développement professionnel continu. Le poids excessif des tâches administratives continue également d'accaparer leur temps et leur énergie, ne leur laissant plus guère la possibilité de se concentrer sur le processus d’apprentissage. En l’absence de politiques budgétaires qui soutiennent le personnel enseignant, il est illusoire d’espérer une transformation durable du système éducatif.

On retrouve des problématiques similaires dans l’enseignement supérieur. Une mauvaise allocation des budgets a conduit à l’augmentation de la charge financière qui pèse sur les étudiantes et étudiants. Cette situation menace le principe du droit à l’éducation et aggrave les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur, en particulier pour les groupes défavorisés. Ironiquement, cela a également des répercussions sur l’offre de futurs personnels de l'éducation, notamment les futur·es enseignant·es et professeur·es, qui devraient recevoir un soutien total de la part de l’État.

C’est dans ce contexte que l’Association des enseignants et enseignantes de la République d’Indonésie (PGRI, de son acronyme en indonésien) a réaffirmé sa position en faveur d’une réforme du budget dédié à l’éducation qui soit plus équitable, plus efficace et tournée vers la qualité. Nous pensons que la politique budgétaire en matière d’enseignement doit revenir à son objectif premier : garantir une éducation publique inclusive, équitable et de qualité.

À cette fin, nous avons rejoint la campagne « La force du public : ensemble on fait école ! » de l’Internationale de l’Éducation pour étendre cette mobilisation mondiale à l’Indonésie.

La campagne « La force du public : ensemble on fait école ! » souligne que le financement de l’éducation relève de la responsabilité des autorités et de la communauté internationale et qu’il ne s’agit pas d’un fardeau à déléguer aux personnes ou aux familles. Une éducation de qualité ne peut être assurée que si l’État la considère comme un investissement public sur le long terme et se concentre en particulier sur le renforcement des écoles publiques, du bien-être des personnels de l’éducation et de l’accès équitable pour toutes et tous. En tant que membre de l’Internationale de l’Éducation, PGRI soutient pleinement cette campagne, qui est le fruit de la solidarité internationale et témoigne de notre engagement national à améliorer le système éducatif.

Il est indispensable de réformer le budget dédié à l’éducation. Une évaluation complète est nécessaire afin de garantir que l’allocation du budget réponde réellement aux besoins pédagogiques fondamentaux. La priorité devrait être accordée aux établissements directement impliqués dans l’enseignement, avec pour objectif principal d’améliorer la qualité de l’apprentissage, de renforcer les compétences du corps enseignant et professoral et d’assurer un accès égal à l’éducation. Il faut mettre un terme à cette fragmentation du budget, qui sape l’efficacité des politiques, grâce à un effort de coordination et d'harmonisation.

En outre, la réforme du budget de l’éducation doit faire partie d’un cadre politique national plus large. La loi relative au système éducatif national garantit le droit de chaque citoyen et citoyenne à une éducation de qualité. Le programme de développement national, y compris la vision pour l’accroissement des ressources humaines de notre nation, place l’éducation au centre de notre stratégie pour l’avenir.

Comme notre syndicat l’a démontré à maintes reprises, nous constituons un partenaire solide et fiable pour les responsables politiques qui souhaitent améliorer la qualité de l’éducation en Indonésie. Notre participation au dialogue social et politique nous a permis d’obtenir des résultats concrets pour le personnel enseignant de tout le pays, notamment l’accession prochaine de près d’un million d’enseignantes et enseignants contractuel·le·s à un emploi permanent. À ce jour, 700 000 places ont été ouvertes à destination du corps enseignant dans le cadre de programmes de formation professionnelle donnant lieu à une certification et, par conséquent, à des avantages supplémentaires.

Ce dialogue social doit se poursuivre. Notre syndicat se tient prêt à travailler au côté des responsables politiques pour faire en sorte que la réforme du budget de l’éducation soit plus efficace et offre un enseignement juste et de qualité pour l’ensemble des élèves d’Indonésie.

Le contenu et les avis exprimés dans ce blog sont ceux de son auteur et ne reflètent pas nécessairement la position officielle de l’Internationale de l’Education.