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Belgique : front syndical et citoyen contre la hausse des prix de l’énergie et les réformes gouvernementales

Publié 12 mai 2026 Mis à jour 12 mai 2026

La hausse des prix de l’énergie et les réformes du gouvernement fédéral dit « Arizona », jugées anti-sociales, ont poussé des dizaines de milliers de personnes a répondre à l’appel du front commun syndical belge - la Confédération des Syndicats chrétiens (CSC), la Fédération Générale du Travail de Belgique (FGTB) et la Centrale Générale des Syndicats Libéraux de Belgique (CGSLB).

Cette journée d’action s’inscrit dans la continuité de plusieurs mobilisations menées ces derniers mois. Elle intervient aussi à la veille d’un vote crucial à la Chambre sur un projet de réforme des pensions, comprenant notamment l’introduction d’un « malus pension », largement rejeté par le mouvement syndical.

Pensions, pouvoir d’achat et indexation au cœur des revendications

Au centre de la colère sociale : la dégradation des pensions, la perte de pouvoir d’achat, la remise en cause de l’indexation automatique des salaires et la détérioration des conditions de travail. Dans un contexte marqué par la flambée des prix de l’énergie et une incertitude économique persistante, les syndicats dénoncent des choix politiques qu’ils qualifient sans détour d’« anti sociaux ».

Pour le front commun syndical, le constat est clair : « les travailleuses et travailleurs de ce pays ont suffisamment participé à l’effort. Il est temps d’envisager sérieusement une contribution équitable des ‘épaules les plus larges’. »

Les syndicats rappellent aussi que « les réformes Arizona coûtent exclusivement aux travailleurs et travailleuses. Il est temps d’aller chercher l’argent ailleurs que dans leurs poches, de lever le tabou des recettes fiscales et de prélever une taxe sur les grandes fortunes. »

Des perturbations annoncées dans de nombreux secteurs

Comme lors des précédentes journées d’action, la mobilisation du 12 mai a eu des répercussions importantes. Les transports, les aéroports et plusieurs services publics ont subi de fortes perturbations, signe de l’ampleur du malaise social et de la détermination du mouvement syndical à se faire entendre.

L’enseignement et la société civile en première ligne

La mobilisation dépasse largement le cadre syndical traditionnel. De nombreuses organisations de la société civile ont annoncé leur soutien, en particulier dans le secteur de l’éducation, directement visé par plusieurs réformes contestées.

Le collectif interréseaux de l’enseignement en Fédération Wallonie Bruxelles, Mars Attacks!, a ainsi appelé l’ensemble des acteur·trice·s de l’enseignement à rejoindre la manifestation nationale. Le collectif dénonce un gouvernement qui « cible outrageusement l’enseignement » et alerte sur des politiques qui aggravent les inégalités scolaires et sociales.

Le collectif souligne notamment la suppression de repas gratuits pour les élèves du primaire, l’application de circulaires avant même le vote des lois, et le transfert de charges financières vers les familles. « Tu te rends bien compte que l’école va droit dans le mur parce qu’aux manettes il y a un gouvernement sans foi ni loi.», affirme le collectif, qui invite les manifestant·e·s à défiler avec un dress code symbolique : « en martiens, avec ou sans masque martien ».

Des revendications et inquiétudes des syndicats de l’enseignement persistantes

Les syndicats de l’enseignement belges, avec le soutien des parents et des élèves, se sont déjà mobilisés à plusieurs reprises en 2026 en Fédération Wallonie-Bruxelles pour faire valoir leurs inquiétude « face aux politiques d’austérité qui s’attaquent à la jeunesse et sacrifient l’avenir de nos enfants et nos jeunes. »

Pour eux, « les décisions politiques actuelles mettent en danger les personnels, les élèves et l’avenir du service public ». Ils expliquent que le prétexte budgétaire ne tient pas, les mesures prises impactent négativement les personnels éducatifs, affectent directement les moyens des établissements, vident le métier de son sens, amènent à un affaiblissement de l’enseignement public, et risquent d’accentuer les inégalités, tant pour les élèves que pour les équipes éducatives.

Ils refusent ainsi « un enseignement qui exclut au lieu de soutenir et outiller » et dénoncent « l’incertitude et le chaos imposés » par les politiques actuelles et « ce gouvernement qui ferme les yeux face au mal-être de la jeunesse ».

Ils exigent « un enseignement de qualité, gratuit, accessible à toutes et tous », « un enseignement émancipateur et non un enseignement qui casse les plus fragiles » et « une action politique qui réduit les inégalités au lieu de les renforcer ».

Ces revendications sont en droite ligne avec celles défendues par la campagne de l’Internationale de l’Éducation, « La force du public : ensemble on fait école ! », un appel urgent aux gouvernements pour qu'ils investissent dans l’enseignement public, un droit humain fondamental et un bien public, et qu'ils investissent davantage dans les enseignant·e·s, le facteur le plus important pour parvenir à une éducation de qualité.