Lesotho: les autorités publiques doivent répondre aux inquiétudes des syndicats d’enseignants

L'Internationale de l'Education a soutenu les organisations affiliées du Lesotho en grève pour protester contre le refus du gouvernement de prendre en compte leurs revendications légitimes concernant les problèmes professionnels des enseignant(e)s et la mise en œuvre d'une éducation de qualité pour tou(te)s.

IE: le ministre de l’Education doit « traiter les préoccupations des enseignants avec l’urgence requise »

Dans sa lettre du 1er août adressée à Son Excellence le professeur Ntoi Rapapa, ministre de l'Education et de la Formation du Lesotho, David Edwards, Secrétaire général de l'Internationale de l'Education (IE), a déclaré que « la Lesotho Association of Teachers (LAT) et le Lesotho Teachers’ Trade Union (LTTU) m’ont informé que malgré les assurances données par votre ministère, beaucoup de leurs demandes légitimes restent sans réponse ».

Ces préoccupations comprennent le paiement des salaires, des pensions et des allocations; les problèmes de postes vacants, les nominations, les possibilités de transfert et de formation; ainsi que le retard dans le paiement des subventions, le ratio enseignant(e)s-étudiant(e)s déraisonnable et la disponibilité de manuels pour certaines écoles.

Edwards a exhorté le ministère « à traiter les préoccupations des enseignants avec l'urgence requise » et à inclure dans des consultations le LAT, le LTTU et l'Association des directeurs des écoles du Lesotho (LeSPA) « pour assurer une représentation complète de toutes les parties concernées par la révision des salaires des enseignants, en ligne avec leurs qualifications académiques et professionnelles ».

David Edwards a encouragé le bureau du ministre à mettre en œuvre la Recommandation OIT/UNESCO de 1966 concernant la condition du personnel enseignant, qui énonce les normes du travail décent pour le personnel éducatif comme moyen de respecter les droits des enseignant(e)s, tout en protégeant le droit à l'éducation.

Les syndicats d’enseignants se déclarent « profondément honteux et humiliés » après « plusieurs réunions futiles et infructueuses » avec les autorités publiques et partent en grève 

Les 2 et 3 août, les syndicalistes éducateurs de LAT, LeSPA et LTTU ont entamé une grève.

« Payement de tous les arriérés dus! », « Du matériel pédagogique pour toutes les écoles! », « Pas de normes différentes dans les écoles primaires », « Pour la promotion des enseignants qualifiés! » Ou « Pas de contrats liés à la performance pour les directeurs! » sont quelques-uns des slogans écrits sur leurs pancartes.

Dans une pétition adressée au ministre de l’Education à la suite de « plusieurs réunions futiles et infructueuses » avec son administration, le LAT et le LTTU dénoncent le manque de coopération du ministère de l’Education et de la Formation avec les syndicats pour prendre et mettre en œuvre certaines décisions touchant directement les chef(fe)s d'établissement et les enseignant(e)s en service, ainsi que la mise en œuvre des décisions par le ministère, sans consulter ni impliquer au préalable les parties prenantes concernées, notamment les syndicats d'enseignants.

Ils ajoutent qu'ils se sentent « profondément honteux et humiliés par notre ministère » qui a envoyé des agents des services de sécurité nationaux pour surveiller les écoles de nos dirigeant(e)s syndicaux/ales après la conférence de presse du 24 octobre et estiment que cela est clairement en contradiction avec la loi sur l'éducation de 2010.

Principales exigences des éducateurs

Parmi les revendications clés des syndicats d'enseignants:

  • Salaires payés (à temps), car il s'agit d'un droit légal des enseignant(e)s en tant qu'employé(e)s du ministère de l’Education et de la Formation;
  • Paiement immédiat des salaires et/ou des arriérés de retard des enseignant(e)s par le ministère;
  • Rapport d'avancement à donner par le ministère sur le temps qu'il faudra avant que les postes intérimaires (directeurs/trices, directeurs/trices adjoint(e)s et chef(fe)s de département) ne soient pourvus et rémunérés;
  • Examen global du cadre salarial des enseignant(e)s de 2009, qui n'a pas suivi le rythme de l'inflation;
  • Distribution rapide des subventions dans les écoles primaires;
  • Paiement de gratifications aux dirigeant(e)s dont le contrat lié à la performance a expiré (quel que soit leur âge), y compris ceux qui ont pris leur retraite après l’expiration de leur contrat;
  • Annonce d'une stratégie de paiement de gratification appropriée pour les directeurs/trices dont les contrats doivent encore expirer et stratégie claire pour les embaucher de manière permanente
  • Fourniture de matériels pédagogiques et d'apprentissage pertinents pour la mise en œuvre effective du nouveau programme dans les écoles primaires et secondaires; et
  • Reconnaissance des qualifications dans le domaine de l’enseignement spécialisé.

L'IE continuera à suivre de près la situation au Lesotho et à soutenir les positions des syndicats d'enseignants dans le pays.

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