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Philippines: des défenseurs/euses des droits humains placé(e)s en détention illégale

L’Internationale de l’Education a fermement condamné l’arrestation et la détention illégales des membres d’une mission de solidarité pour les écoles lumad de la municipalité de Talaingod, dans le Davao du Nord.

Dans une lettre datée du 29 novembre et adressée au Président de la République des Philippines, S.E. Rodrigo Duterte, le Secrétaire général de l’Internationale de l'Education (IE) David Edwards a expliqué que, selon l’Alliance of Concerned Teachers (ACT), un affilié de l’IE, le convoi de la mission de solidarité avait été attaqué par des membres d’un groupe paramilitaire connu sous le nom d’Alamara, alors qu’il était arrêté à un poste de contrôle dans la nuit du 28 novembre. Les pneus de plusieurs véhicules du convoi ont été crevés, des parebrises ont été brisés et des coups de feu ont été tirés. Au lieu de protéger les membres du convoi de l’attaque, la police les a conduit(e)s au poste de police de Talaingod. Ils/elles ont été placé(e)s en détention sur la base de fausses accusations de trafic d’êtres humains et de maltraitance d’enfants.

« Cette arrestation montre que, sous la loi martiale du régime de Mindanao, les personnes les plus marginalisées sont privées de leurs droits fondamentaux, tandis que les défenseurs des droits humains sont considérés comme des criminels », a dénoncé Raymond Basilio, Secrétaire général de l’ACT et membre du Bureau exécutif de l’IE.

Plus de 70 enseignant(e)s, étudiant(e)s, défenseurs/euses des droits humains et autres volontaires, parmi lesquels la représentante France Castro, députée et ancienne Secrétaire général de l’ACT, composaient la mission de solidarité. Cette mission visait à venir en aide aux étudiant(e)s et enseignant(e)s des écoles lumad de la municipalité de Talaingod, sur lesquel(le)s s’acharnent les forces militaires et paramilitaires depuis des semaines. Certaines écoles ont été fermées de force par le 56e bataillon d’infanterie de l’armée philippine.

IE: les droits fondamentaux et les libertés doivent être respectés

C’est pourquoi l’IE exhorte le gouvernement des Philippines à:

  • Relâcher immédiatement la représentante France Castro ainsi que les autres membres de la mission de solidarité, et abandonner toutes les accusations infondées qui ont été portées à leur encontre; et
  • Respecter les droits fondamentaux et les libertés des peuples autochtones et autres minorités aux Philippines, et mettre un terme au harcèlement et à la criminalisation des dirigeant(e)s, des enseignant(e)s et des défenseurs/euses des droits humains autochtones.

L’IE a également appelé le gouvernement de Duterte à entériner les Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l’utilisation militaire durant les conflits armés, et à protéger les étudiant(e)s, les enseignant(e)s, les écoles et les universités des attaques ou de tout autre acte nuisible, tel que la fermeture d’écoles, qui pourrait porter atteinte au droit à l’éducation.