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Réaffirmer le droit des peuples autochtones à une éducation de qualité

Publié 9 août 2016 Mis à jour 12 août 2016

A l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones, l’Internationale de l’Education réaffirme que l’éducation doit être accessible à tou(te)s sans discrimination, financée par l’Etat et gratuite.

« L’Internationale de l’Education (IE) salue tous les peuples autochtones, en particulier les enseignants, le personnel de soutien éducatif et les étudiants, et se félicite de l’accent mis cette année sur le droit des peuples autochtones à une éducation de qualité », a déclaré le 9 août dernier Fred van Leeuwen, Secrétaire général de l’IE, à l’occasion de cette journée internationale.

Il a souligné que l’éducation était un droit universel, « indépendamment du lieu où l’on vit, ou de la langue que l’on parle », et que « l’éducation doit être accessible à tous sans discrimination, financée par l’Etat et gratuite ».

Et de préciser: le droit à l’éducation des peuples autochtones implique un accès à une éducation de qualité, leur permettant de prendre eux-mêmes les décisions appropriées, offrant aux enfants et aux jeunes de ces communautés autochtones une éducation qui contribue à développer leur potentiel et respecter leur culture.

Il a également insisté sur le fait que l’éducation présente par ailleurs un caractère fondamental afin de jouir pleinement d’autres droits humains: le droit de travailler, les droits des femmes et des jeunes autochtones, le droit à la santé, le droit à l’eau, le droit de jouir de droits collectifs, le principe du consentement préalable - donné librement et en connaissance de cause -, le droit à l’autodétermination, le droit à jouir de leurs terres, territoires et ressources, et le droit au développement.

IE: La mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 est déterminante

L’édition 2016 de la Journée internationale des peuples autochtones est la première occasion du genre marquée depuis l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030, dont l’Objectif n° 4 appelle à assurer l’égalité d’accès des personnes vulnérables, y compris les personnes handicapées, les autochtones et les enfants en situation vulnérable, à tous les niveaux d’enseignement et de formation professionnelle.

Pour l’IE, la mise en œuvre des Objectifs de développement durable offre l’opportunité de faire progresser les droits des peuples autochtones. Elle exige de prendre conscience de la nécessité d’appréhender les questions de développement selon une approche fondée sur les droits de la personne : les droits collectifs des peuples autochtones – à jouir de leurs terres, territoires et ressources – n’ont pas été reconnus et on ne met pas suffisamment l’accent sur le principe du consentement préalable – donné librement et en connaissance de cause, tels qu’énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, les résultats de la Conférence mondiale sur les peuples autochtones, la Convention n° 169 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) relative aux peuples indigènes et tribaux, et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Le droit à l’éducation sous la protection des normes internationales

Les normes internationales relatives aux droits de la personne protègent les droits à la culture et à la langue des peuples indigènes, à l’instar de l’article 27 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques– « […] minorités […] ne peuvent être privées du droit d’avoir […] leur propre vie culturelle […] ou d’employer leur propre langue » – et l’article  29 de la Convention relative aux droits de l’enfant– reconnaissant que l’éducation doit notamment avoir vocation à inculquer à l’enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles.

L’Internationale de l’Education valorise les enseignant(e)s et le personnel de soutien éducatif, autochtones comme non-autochtones, en veillant au maintien du respect du savoir et de l’héritage autochtones au sein des institutions éducatives, et en établissant des liens entre les étudiant(e)s autochtones et non-autochtones. Selon elle, il est impossible de dissocier les langues autochtones de l’identité et des modes de vie de ces populations ainsi que des savoirs autochtones.

UNESCO: Les autochtones sont encore trop nombreux à ne pas pouvoir exercer pleinement leur droit à une éducation de qualité

Dans son message à l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones, Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a déclaré: « Nous rendons hommage aux 370 millions d’autochtones de la planète et nous réaffirmons la détermination de l’UNESCO à préserver et promouvoir leurs identités, leurs langues et leurs systèmes de savoir. »

Reconnaissant que les peuples autochtones sont les « gardiens d’une riche diversité culturelle » et possèdent « une connaissance unique des modes d’existence durables et du respect de la biodiversité », et que, « pour entretenir et exploiter ce potentiel, nous devons garantir à tous une éducation inclusive, équitable et de qualité », elle a condamné le fait que les autochtones soient encore trop nombreux à ne pas pouvoir exercer pleinement leur droit à une éducation de qualité.

Et de déplorer que, comparés aux non-autochtones, leurs enfants risquent toujours d’être moins scolarisés et risquent davantage d’être confrontés à l’échec scolaire. Associée aux obstacles socioéconomiques et culturels, cette marginalisation déclenche souvent « un cercle vicieux d’inégalités ». « Ce clivage – moral et sur le plan du développement – porte un coup à l’humanité tout entière », a-t-elle souligné.

OIT: Le travail décent comme vecteur de justice économique et sociale pour les peuples autochtones et tribaux

Le Directeur général du Bureau international du Travail Guy Ryder a déclaré: « Ensemble, en construisant des ponts et en renforçant les partenariats, en garantissant l’égalité d’accès à l’éducation et surtout, en permettant aux peuples autochtones et tribaux d’être autonomes grâce au travail décent, nous pourrons relever les défis qui nous attendent. » Et d’ajouter: « Grâce à l’accès au travail décent des millions de femmes et d’hommes autochtones dans le monde deviendront des acteurs du changement. Ils pourront non seulement assurer leur subsistance et subvenir à leurs besoins, mais aussi préserver leurs ressources naturelles. »

A l’occasion de cette journée, van Leeuwen a fait savoir que l’IE invitait l’ensemble des organisations membres à promouvoir et approuver la Déclaration de Coolangatta sur le droit des peuples autochtones à une éducation, adoptée lors de la Conférence mondiale des peuples indigènes sur l’éducation tenue en 1999 à Hilo, Hawaï, Etats-Unis. Cette déclaration « représente une affirmation collective des peuples autochtones du monde entier, soutenant les principes fondamentaux essentiels au changement et à la transformation de l’éducation des peuples autochtones ».