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Réflexions sur la 62e session de la Commission de la condition de la femme, par Ann Mari Milo Lorentzen et Gro Hartveit

Publié 4 mai 2018 Mis à jour 11 mai 2018
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Cette année, deux dirigeantes politiques du syndicat norvégien Utdanningsforbundet (UEN) faisaient partie de la délégation de l’Internationale de l'Education à la 62e session de la Commission de la condition de la femme (CSW62), qui s’est tenue à New York. Nous, Ann Mari Milo Lorentzen et Gro Hartveit, membres du Conseil exécutif de l’Union of Education (UEN), avons participé pour la première fois à cet événement. Nous sommes arrivées le 10 mars et sommes rentrées le 16 dans la soirée. Milo dirige le Comité de l’UEN pour l'égalité et l’élimination de la discrimination, et Gro préside le Comité sami de l’UEN. L’expérience que nous avons tirée de notre travail à la tête de ces comités s’avère particulièrement pertinente au regard du thème prioritaire de la CSW de cette année, à savoir: Problèmes à régler et possibilités à exploiter pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural.

Nous avions été prévenues dès le départ que notre première participation à la CSW serait déroutante, et c'était vrai. C’était à la fois déroutant, éprouvant et intéressant. Il y a tant d’événements parallèles et d'activités qui se déroulent en même temps qu’il est difficile de choisir où aller et de savoir quelles sessions seront les plus intéressantes. Il nous est parfois arrivé de penser que nous assistions à la mauvaise session et qu’un autre événement aurait été plus enrichissant. Faire partie de la délégation de l'IE nous a donné la possibilité de rencontrer des consœurs issues d’autres syndicats dans différents pays, ce qui fut une expérience formidable. Et, bien sûr, voir et rencontrer tant de femmes venant du monde entier, savoir qu’elles appréhendent les mêmes questions que nous et qu’elles tentent de relever, dans une certaine mesure, les mêmes défis, nous a bouleversées et touchées. Nous devons avouer qu’il était également particulier d’avoir accès aux bâtiments des Nations Unies et d’être autorisées à entrer chaque jour pendant toute une semaine de travail. Nous aurions aimé passer plus de temps avec la délégation de l’IE mais nous avons dû plusieurs fois privilégier les moments durant lesquels nous pouvions rencontrer des délégué(e)s et responsables politiques norvégien(ne)s. Ces moments étaient importants, non seulement pour présenter nos opinions sur le projet de conclusions concertées de la CSW62 (le document final), mais aussi pour établir de précieux contacts pour une coopération future une fois rentrées chez nous. L’action organisée par l’IE le 14 mars en solidarité avec le mouvement étudiant américain contre la législation actuelle sur le port d’armes était un événement particulièrement fort. Se tenir debout toutes ensemble, main dans la main, dans le silence, en pensant aux étudiant(e)s courageux/euses qui sont sorti(e)s manifester dans la rue, était une expérience spéciale et pleine de sens. L’UNIO, la confédération norvégienne des syndicats, avait mandaté à New York une excellente représentante, Liz Helgesen. Il peut être difficile d’entrer en contact avec les bonnes personnes lors de la CSW, mais elle nous a aidées à rencontrer les membres de la délégation officielle norvégienne. Elle nous a également consultées et nous a demandé nos avis sur le projet de conclusions concertées durant les négociations, et nous avons envoyé ensemble des suggestions aux négociateurs/trices. Nous avons tiré profit de son expérience et notre collaboration avec elle s’est avérée à la fois agréable et extrêmement précieuse.

La délégation officielle norvégienne était menée par la ministre des Enfants et de l’Egalité, Linda Hofstad Helleland, et la ministre des Affaires étrangères, Ine Eriksen Søreide, était également présente. Ces deux femmes sont des leaders, ce qui, en soi, envoie un signal très positif, et elles ont participé et contribué à plusieurs événements. Leur présence montre que la CSW62 est une priorité et un événement important pour le gouvernement norvégien.

Nous avons toutefois été surprises de ne voir aucun(e) représentant(e) des syndicats dans la délégation officielle norvégienne cette année. Les employeurs étaient représentés, mais pas les employé(e)s. Nous avons également trouvé un peu étrange que les négociateurs étaient au départ trois hommes bien que, pour cause de maladie, l’un d’eux a été remplacé par une femme.

Nous avons appris qu’on ne pouvait pas s’attendre à des modifications majeures dans le document final. Il faut en effet énormément de travail pour arriver à des changements, aussi minimes soient-ils. Pour l’UNIO et pour nous, la modification de l’expression service de garde d’enfants enéducation de la petite enfance comme partie intégrante du parcours scolaire, a constitué une importante victoire. Il pourrait être judicieux pour les délégué(e)s de l’IE d’envisager de rester à New York durant toute la session (c’est-à-dire les deux semaines de négociations) l’année prochaine, afin d’entrer en contact avec les négociateurs/trices et de les influencer de manière plus directe.

Maintenant que nous sommes de retour en Norvège, la question est de savoir comment donner suite à cet événement. Comment notre organisation et nos membres peuvent-ils/elles utiliser le document final et tirer profit de nos expériences? Nous voulons que les questions d’égalité et de discrimination soient davantage intégrées dans notre travail et notre politique dans son ensemble, pour tous les groupes que nous représentons. La question est: comment pouvons-nous atteindre cet objectif? L’UEN a organisé un séminaire d’une journée le 12 avril, au cours duquel les travaux respectifs de l’IE, de l’UEN et de l’UNIO sur les questions d’égalité et de discrimination ont été discutés. C’est un bon début, mais nous devons faire plus.

Selon notre expérience, c'est la collaboration à la fois au sein de la délégation de l'IE et au sein de l’UNIO qui s’est avérée importante pour le travail réalisé lors de la CSW62. Nous pensons que cette collaboration est également précieuse pour le travail en cours, même lorsque la CSW n’est pas en session. Nous avons de nombreux objectifs communs et nous devrions travailler davantage pour tirer parti des compétences des uns et des autres dans notre travail quotidien sur ces questions importantes.

Le contenu et les avis exprimés dans ce blog sont ceux de son auteur et ne reflètent pas nécessairement la position officielle de l’Internationale de l’Education.