Ei-iE

Irak : la liberté des universitaires et les droits syndicaux sont attaqués

Publié 2021-02-18 Mis à jour 2021-02-22

L’Association of Iraqi Academics (AIA) a mis en garde contre l’abrogation de la loi autorisant les universitaires irakiens à exercer des activités syndicales. Elle a également appelé à la solidarité et au soutien de leurs droits d’association et d’organisation.

La commission parlementaire irakienne de l’éducation a décidé d’abroger la loi 60 de 2017 qui établit les bases juridiques permettant aux universitaires irakien∙ne·s de s’organiser et de mener des activités syndicales.

Le 8 février, l’AIA a exprimé de graves préoccupations concernant cette décision, la considérant comme « une attaque contre les droits syndicaux » et condamnant « cette décision injuste et erronée ». L’AIA a appelé à une solidarité urgente avec les universitaires irakien·ne·s et a demandé aux autorités publiques irakiennes de revenir sur cette décision.

La contestation juridique plutôt que l’abolition

L’AIA a réitéré qu’elle n’a enfreint aucune loi. Et elle a souligné qu’une affaire devant la Cour suprême fédérale est la voie légale pour la Commission parlementaire de l’éducation de contester cette loi particulière — au lieu d’abolir arbitrairement et de manière antidémocratique le syndicat des universitaires.

La commission parlementaire de l’éducation affirme que la loi 60 recoupe d’autres lois sur l’éducation utilisées pour organiser le travail et les activités d’autres syndicats de l’éducation. Cependant, l’AIA a déclaré qu’il est clair qu’il n’existe pas d’autre syndicat de l’éducation, à l’exception de l’Iraqi Teachers Union (ITU), ouvert aux enseignant·e·s des écoles primaires et secondaires/collèges. Étant donné que les membres de l’AIA visent les professeurs d’université et les universitaires, ses objectifs et ses responsabilités sont très différents de ceux de l’ITU.

Reconnaissance du droit d’organisation

Le syndicat de l’éducation réaffirme également que les sociétés ouvertes et démocratiques exigent que les travailleur·euse·s s’organisent ouvertement et librement, sans ingérence de l’État, et que la Constitution irakienne garantit ces droits, également reconnus au niveau international.

Il exige que les autorités irakiennes respectent et adhèrent à la Constitution du pays. Il appelle également à l’annulation immédiate de la décision d’abolir le syndicat et à la solidarité avec les universitaires irakien·ne·s.

Contexte

L’AIA, basée au Royaume-Uni, est indépendante et rassemble de fervent·e·s défenseur·euse·s des droits humains et de la démocratie en Irak. Elle a été créée pour protéger les intérêts des universitaires irakien·ne·s à l’étranger et en Irak, après que le contexte national a forcé les universitaires à fuir le pays et à soutenir leurs pair·e·s restés dans leur pays. Elle est soutenue par les deux organisations membres de l’Internationale de l’Éducation en Irak, l’ITU et le Kurdistan Teachers’ Union (KTU), ainsi que par la NASUWT-The Teachers' Union, une organisation affiliée à l’Internationale de l’Éducation au Royaume-Uni.

Des divisions sectaires dans l’enseignement supérieur 

En outre, l’Internationale de l’Éducation a été informée que le combat sectaire exerce une forte pression sur le système éducatif irakien en général, le secteur de l’enseignement supérieur étant particulièrement exposé.

Outre la violence directe contre les établissements d’enseignement et les assassinats ciblés d’étudiant·e·s et d’universitaires, les divisions sectaires ont eu un impact sur le secteur de l’enseignement supérieur, exerçant une pression sur les étudiant·e·s et le personnel universitaire.  

Ces groupes interviennent dans de nombreux aspects de la vie universitaire tels que les admissions, l’embauche, le contenu des cours et la sécurité physique sur le campus. 

Des centaines d’universitaires ont été assassiné·e·s, et le ministère de l’Éducation a enregistré des milliers d’attaques contre des universités.