Sommet sur la transformation de l’éducation +4 : renforcer la résilience, c’est d’abord soutenir le corps enseignant
Le Sommet sur la transformation de l’éducation + 4 (STE+4) rassemble des dirigeant·e·s et des partenaires afin de passer en revue les progrès accomplis depuis le Sommet sur la transformation de l’éducation des Nations Unies de 2022 et accélérer l’action en faveur de la réalisation de l’objectif de développement durable (ODD) 4 sur une éducation de qualité pour toutes et tous. Mugwena Maluleke, Président de l’Internationale de l’Éducation, représente la profession enseignante dans le cadre de ces délibérations essentielles.
Convoqué par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, et le Directeur général de l’UNESCO, Khaled El Anany, à l’occasion de la réunion du Comité directeur de haut niveau ODD 4, cet événement marque un jalon central à mi-parcours entre le STE de 2022 et l’échéance de 2030 fixée pour l’ODD 4. Le Sommet met l’accent sur la transformation et la résilience des systèmes à une époque où les systèmes éducatifs subissent une pression croissante sous l’effet des contraintes budgétaires, des chocs climatiques, des crises prolongées et des changements technologiques rapides, y compris les progrès de l’intelligence artificielle.
« Lorsque nous parlons de résilience, les enseignantes et enseignants nous montrent de quoi il s’agit au quotidien. Dans les situations de guerre et de conflits, de catastrophes climatiques, de pandémies, de déplacements de population et de coupes budgétaires sévères, les personnels enseignants continuent de répondre présents pour leurs élèves, » a fait observer Maluleke. Dans son intervention, le Président de l’IE a également souligné que « la résilience se construit à travers des systèmes solides soutenus par des investissements publics qui nourrissent la confiance, les relations et le jugement professionnel des enseignant·e·s ».
Le STE+4 met en lumière les principaux moteurs du changement, notamment la profession enseignante, l’apprentissage tout au long de la vie et la transformation numérique inclusive. L’équité, l’inclusion et l’égalité de genre sont au cœur de toutes les discussions, tandis que le financement durable de l’éducation sous-tend la mise en œuvre et la fourniture des services.
Une réforme durable de l’éducation repose sur la confiance et le partenariat
S’exprimant dans le cadre d’un panel du STE+4 sur les actions à mettre en œuvre en priorité face à la pénurie mondiale d’enseignant·e·s, Maluleke a souligné l’importance du dialogue social, faisant valoir que cette pratique représente « tout bonnement le moyen le plus efficace pour traiter les problèmes du domaine de l’éducation. Il offre également un moyen puissant de reconnaître les enseignant·e·s, de valoriser notre expertise et de tirer parti de notre énergie et de notre engagement pour donner corps à la transformation profonde dont nous avons besoin ».
Maluleke a présenté plusieurs exemples qui illustrent le pouvoir dont jouissent les syndicats de l’éducation et les gouvernements lorsqu’ils travaillent main dans la main.
En Indonésie, le dialogue social a déclenché des transformations majeures qui ont eu des retombées significatives sur des millions d’enseignant·e·s et d’élèves. S’appuyant sur les recommandations du Groupe de haut niveau des Nations Unies et sur la campagne de l’IE La force du public : ensemble on fait école !, l’Association des enseignantes et enseignants de la République d’Indonésie (PGRI) a obtenu la promotion de plus d’un million d’enseignantes et enseignants contractuels à des postes stables permanents. L’Association a également veillé à ce que 580 000 personnels enseignants non certifiés participent à des programmes professionnels pour obtenir leur certification. Le syndicat soutient le personnel de l’éducation en lui offrant une formation dans le cadre des examens de certification.
En Norvège, le dialogue social a permis au gouvernement, au Syndicat de l’éducation de Norvège et à d’autres parties prenantes d’élaborer conjointement une stratégie unifiée pour lutter contre la pénurie d’enseignant·e·s. La stratégie couvre les programmes de formation des enseignant·e·s, la transition vers la profession, les conditions de travail, et d’autres questions encore.
Au Mexique, le dialogue social a abouti à une revalorisation salariale de l’ordre de 10 % et à une semaine de congés supplémentaire pour la main-d’œuvre éducative nationale.
« Apprenons de ces exemples. Les preuves sont là, écoutons-les et finançons pleinement l’éducation publique, investissons dans le corps enseignant et respectons la profession au cœur de tous les systèmes éducatifs, » a conclu Maluleke.
Bâtir sur des bases solides
Le premier Sommet sur la transformation de l’éducation a été organisé en 2022 en réponse à l’aggravation de la pénurie mondiale d’enseignant·e·s. La délégation de l’Internationale de l’Éducation avait plaidé en faveur d’une action urgente pour soutenir la profession, soulignant la nécessité impérative d’investir dans les enseignant·e·s, d’engager un dialogue social et politique, d’encourager le leadership des enseignant·e·s et d’impliquer les éducatrices et les éducateurs dans la gouvernance et le déploiement de la technologie au sein de l’éducation.
Le plaidoyer de l’IE a joué un rôle déterminant dans la décision de convoquer un Groupe de haut niveau sur la profession enseignante, qui a été annoncé lors du Sommet par la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Amina J. Mohammed. Les 59 recommandations du Groupe ont été formulées dans le sillage immédiat du Sommet et fournissent un plan directeur pour mettre fin à la pénurie mondiale d’enseignant·e·s. L’IE et ses organisations membres appellent les gouvernements à mettre en œuvre ces recommandations de façon prioritaire.