Malawi : les syndicats font inscrire le financement de l’éducation et l’amélioration des conditions de travail à l’ordre du jour national
Lors de l’atelier sous‑régional d’Afrique australe de l’Internationale de l’Éducation (IE) consacré à la campagne « La force du public : ensemble on fait école ! », qui s’est tenu à Johannesbourg, en Afrique du Sud, les 23 et 24 juillet 2026, les syndicats de l’éducation ont réaffirmé avec fermeté que la qualité de l’enseignement public a pour point de départ un financement adéquat.
Pour le Malawi, les deux organisations nationales membres de l’Internationale de l’Éducation – le Teachers Union of Malawi (TUM) et le Private Schools Employees Union of Malawi (PSEUM) – ont présenté un rapport national sur la mise en œuvre de la campagne « La force du public » à l’occasion de cet événement organisé par l’IE Afrique et accueilli par le South African Democratic Teachers Union (SADTU) et la National Professional Teachers’ Organisation of South Africa (NAPTOSA).

Alors que la pénurie d’enseignant·e·s s’aggrave en raison du financement limité de l’éducation et de la rapide augmentation du nombre d’inscriptions, les syndicats appellent le gouvernement à accroître le budget de l’éducation et à améliorer les conditions de travail des enseignant·e·s. Par une présence plus forte auprès du ministère de l’Éducation et du Parlement, ces organisations soutiennent que la seule manière de garantir une éducation de qualité en tant que droit humain fondamental est d’investir davantage dans les enseignant·e·s et de promouvoir un dialogue social plus solide.
Mettre en avant le financement de l’éducation
Selon le rapport du TUM et du PSEUM, l’économie du Malawi est confrontée à de multiples difficultés, notamment une forte inflation et une pénurie de devises étrangères, qui ont gravement affecté le financement de l’éducation.
Les infrastructures scolaires restent insuffisamment développées : de nombreux bâtiments n’ont pas d’électricité ni d’installations sanitaires, des problèmes aggravés par le nombre croissant d’inscriptions et d’élèves par classe.
Les enseignant·e·s signalent des retards dans le versement des salaires et un manque de possibilités d’évolution professionnelle, ce qui décourage encore plus de personnes d’intégrer la profession et ainsi d’aider à résoudre la pénurie d’enseignant·e·s.
Face à ces défis persistants, le TUM a entamé un dialogue plus étroit avec les membres du Parlement afin de veiller à ce que le financement de l’éducation ne passe pas sous les radars.
En plus de négocier de meilleurs salaires et des promotions, le TUM a soumis au Parlement des positions politiques et des recommandations concernant le bien‑être des enseignant·e·s. Ces revendications incluent non seulement le paiement en temps et en heure des salaires, mais aussi l’amélioration des conditions de service et le renforcement de la protection sociale des enseignant·e·s. Le syndicat décrit ces changements comme nécessaires pour favoriser le maintien en poste des enseignant·e·s, d’autant plus avec la hausse du coût de la vie au Malawi.
Cette stratégie d’engagement accru a permis de sensibiliser davantage le public au bien‑être des enseignant·e·s, le sujet entrant désormais dans les discussions nationales entre décideurs politiques. Cependant, le TUM indique que cette plus grande visibilité n’a pas nécessairement conduit à des actions concrètes ou à un engagement réel de la part des législateurs.
Les promotions, les augmentations de salaire et autres mesures politiques n’ont été mises en œuvre que très lentement et ont subi de nombreux retards.
Les syndicats du Malawi reconnaissent les progrès accomplis, mais soulignent que le financement actuel reste insuffisant pour répondre aux besoins croissants du système éducatif national.
Élargir les capacités syndicales
Le TUM a continué d’élargir ses rangs au cours de l’année écoulée, en mobilisant de nouveaux membres autour de thèmes clés tels que les droits du travail et le développement professionnel. Le rapport explique que ces efforts de plaidoyer, ainsi qu’une présence accrue sur les réseaux sociaux et les plateformes de communication numérique, ont été essentiels dans la croissance continue du syndicat.
Les structures syndicales au niveau des districts et des régions sont également devenues plus actives et plus réactives aux préoccupations des membres, grâce à des consultations plus régulières avec la direction nationale du syndicat.
Le rapport fait état d’une plus grande participation des membres aux activités syndicales et d’une confiance grandissante dans l’utilisation de données factuelles pour défendre les droits des enseignant·e·s et l’enseignement public.
Ces outils de renforcement des capacités sont indispensables pour consolider le dialogue social entre les syndicats et les parties prenantes de l’éducation, dans le but d’obtenir une meilleure protection pour les enseignant·e·s.
Bien que les difficultés économiques continuent à affecter le pays, les syndicats du Malawi placent le financement de l’éducation au premier plan du débat national et sont prêts à maintenir leur engagement auprès du Parlement au cours des 12 prochains mois. Leur travail, dans sa constance, est un élément essentiel de la campagne « La force du public » et permet de poursuivre la défense d’un enseignement public de qualité, non seulement en tant que droit humain fondamental, mais aussi en tant que responsabilité collective.