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Maintenir l’éducation en exil : la solidarité syndicale internationale au service du personnel enseignant palestinien

Publié 22 juillet 2026 Mis à jour 24 juillet 2026

La solidarité et l’appui d’urgence apportés par l’Internationale de l’Éducation (IE) et ses organisations membres ont permis d’aider les enseignant·e·s de Palestine, déplacé·e·s par la guerre, à continuer d’accompagner les élèves et à défendre le droit à l’éducation dans des circonstances extrêmement dures.

Saed Erziqat, secrétaire général du General Union of Palestinian Teachers (Syndicat général des enseignant·e·s palestinien·ne·s, GUPT de son acronyme en anglais), a souligné qu’une aide financière ciblée a aidé les enseignant·e·s de Gaza qui se trouvent actuellement en Égypte à assumer leurs responsabilités professionnelles durant les examens généraux de l’enseignement secondaire palestinien (Tawjihi) cette année. Grâce à ce soutien, les éducateur·trice·s palestinien·ne·s ont pu poursuivre leur travail essentiel malgré la guerre et les déplacements.

Déplacements et résilience

La situation à laquelle font face les enseignant·e·s de Palestine en Égypte demeure critique. En raison de la guerre menée contre Gaza et de ses ravages, des centaines d’éducateur·trice·s ont dû fuir les destructions, les pertes et les déplacements.

À ce jour, 225 enseignant∙e∙s de Gaza vivent en Égypte dans des conditions extrêmement difficiles et beaucoup ne disposent pas de revenus stables. Leurs salaires ont en effet été suspendus ou seulement partiellement versés du fait de la crise financière qui touche les autorités palestiniennes et qui entraîne un endettement croissant et une précarité économique.

Même assurer les aspects logistiques élémentaire est devenu un casse-tête. Cela fait deux ans que le personnel enseignant n’a pas été rémunéré pour les activités liées aux examens et, dans certains cas, n’a pas les moyens de se rendre au centre où se tiennent les épreuves.

Malgré ces obstacles, les enseignant·e·s continuent de se mettre au service des élèves, notamment en participant aux examens nationaux et en offrant une éducation à distance basée sur le programme scolaire palestinien.

La solidarité en action : maintenir l’éducation envers et contre tout

Dans une déclaration datée du 8 juillet 2026, Saed Erziqat a tenu à exprimer sa reconnaissance envers l’IE et ses membres pour leur soutien :

« L’aide financière fournie par l’Internationale de l’Éducation a été distribuée aux enseignants et aux enseignantes de Gaza qui se trouvent actuellement en Égypte. Cet appui leur a permis de se rendre aux centres d’examens et d’exercer leur fonction de surveillance durant les examens généraux de l’enseignement secondaire palestinien (Tawjihi) de 2026. »

Saed Erziqat, secrétaire général du Syndicat général des enseignant·e·s palestinien·ne·s

Pour les éducateur·trice·s en exil, même le coût du trajet jusqu’aux centres d’examen était devenu un obstacle insurmontable. Grâce à l’intervention de l’IE, les enseignant·e·s ont pu poursuivre leur travail à une étape décisive du parcours scolaire des élèves.

« Votre soutien est intervenu à un moment crucial et a eu un énorme impact sur nos enseignants et nos enseignantes. Il a fourni une assistance pratique qui leur a permis d’accomplir leur devoir professionnel et national malgré les circonstances extrêmement difficiles auxquelles ils et elles font face. »

Au-delà de l’aide matérielle immédiate, le dirigeant syndical a insisté sur l’importance de la solidarité internationale : « La solidarité dont vous avez fait preuve véhicule un message de soutien fort et vient réaffirmer que les éducateurs et les éducatrices de Palestine font partie de la grande famille mondiale de l’éducation, laquelle se tient à leurs côtés en ces temps difficiles. »

L’Egyptian Teachers’ Syndicate (Syndicat des enseignant∙e∙s d’Égypte, ETS de son acronyme en anglais) fait valoir les droits des collègues palestinien·ne·s. Il leur fournit une couverture médicale et leur garantit un accès aux hôpitaux gérés par le syndicat. Par ailleurs, l’ETS a réclamé au ministère de l’Éducation que celui-ci crée des places de manière à intégrer les élèves palestinien·ne·s dans les établissements scolaires publics égyptiens.

Appel d’urgence et réponse collective au niveau mondial

En juin 2026, le GUPT a lancé un appel à l’IE, demandant une aide financière d’urgence dans le but de soutenir le personnel éducatif déplacé en Égypte.

Cet appel concernait un appui ciblé visant à couvrir les frais de transport et ainsi garantir l’accès aux centres d’examens.

S’adressant à l’IE, Saed Erziqat a écrit : « Votre soutien à ce moment critique ne représenterait pas seulement une aide financière, il enverrait également un message fort de solidarité internationale avec le personnel enseignant qui ont subi la guerre, le déplacement et la perte, mais restent engagés et engagées en faveur de l’éducation en tant qu’acte de résilience et de résistance. »

Grâce aux contributions des organisations membres de l’IE, cet appel a été entendu, démontrant ainsi la force de la solidarité syndicale mondiale en action.

L’éducation : un acte de résistance et d’espoir

Pour les éducateur·trice·s palestinien·ne·s en exil, continuer d’enseigner est plus qu’un métier : c’est un acte de résistance et un engagement pour l’avenir de leurs élèves et de leur communauté. « Ce geste à la symbolique forte a renforcé leur moral et leur a donné de l’espoir et de l’encouragement en cette période tumultueuse », a finalement fait savoir Saed Erziqat.