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Palestine : le syndicat de l’éducation renforce sa résilience et son leadership face à la guerre et à la crise salariale

Publié 16 avril 2026 Mis à jour 6 mai 2026

En Palestine, bien qu’en proie à la répression et à la guerre, les enseignant·e·s constituent l'épine dorsale du système éducatif et la solidarité internationale des syndicats d'enseignant·e·s demeure une bouée de sauvetage pour nombre d'entre eux·elles. En Palestine, les enseignant·e·s n'ont pas reçu leur salaire depuis plus de 15 mois en raison des revenus publics retenus par le gouvernement israélien. Ils continuent également de vivre et de travailler sous l’occupation et les attaques militaires. Malgré la guerre et le génocide, le General Union of Palestinian Teachers (Syndicat général des enseignants palestiniens - GUPT) a mis en œuvre avec succès un programme novateur visant à renforcer l’éducation numérique, le leadership des femmes, ainsi que les capacités et la résilience du syndicat.

Ce projet triennal a touché 416 éducateur∙trice∙s, avec des améliorations mesurables en matière de bien-être des enseignant·e·s, d'égalité des genres, de compétences numériques et d'engagement syndical. Ses résultats confirment que les syndicats d'enseignant·e·s jouent un rôle essentiel non seulement dans la défense des droits, mais aussi dans le maintien de l'éducation elle-même en temps de crise.

Des témoignages puissants et positifs d'enseignant·e·s

Les participant·e·s ont décrit le programme comme transformateur tant sur le plan professionnel que personnel. Ils·Elles ont également mis en évidence une confiance accrue, une résilience émotionnelle renforcée et une meilleure capacité à gérer le stress et les responsabilités dans des conditions extrêmement difficiles.

Nombreux·euses sont ceux·celles qui ont fait état d'un changement significatif, passant de l'utilisation d'outils de base à l'intégration en toute confiance d'applications numériques et basées sur l'IA dans leur enseignement, rendant ainsi l'apprentissage plus interactif et inclusif.

La formation a également permis d'approfondir leur compréhension de la justice de genre, donnant aux enseignantes les moyens de se percevoir comme des dirigeantes plutôt que comme des actrices passives.

Plusieurs enseignant·e·s ont souligné que, pour la première fois, ils·elles comprenaient pleinement leurs droits, le rôle de leur syndicat et la force de l'action collective.

Les participant·e·s ont ensuite souligné que le programme avait renforcé la solidarité et contribué fortement au renouvellement de la confiance dans le syndicat, dans un contexte de retards de salaire prolongés et de crise.

Comme l’a expliqué Saed Erziqat, secrétaire général de la GUPT, le partenariat avec d’autres syndicats d’enseignant·e·s à l’échelle mondiale et leur « engagement indéfectible envers les éducateurs et éducatrices de Palestine » « ont joué un rôle essentiel dans la réussite et la pérennité de ce projet transformateur ».

Il a ajouté : « Nous avons pu concevoir et mettre en œuvre des initiatives de formation complètes qui renforcent les compétences numériques des enseignants et enseignantes, leurs compétences socio-émotionnelles, leur sensibilisation aux questions de genre, leurs pratiques en matière de justice éducative et leur engagement syndical. L’impact de ce partenariat a été à la fois mesurable et profondément significatif pour les éducateurset éducatrices travaillant dans des circonstances extrêmement difficiles. »

Respect des normes internationales de travail des enseignant·e·s

Il convient également de noter que le programme GUPT est conforme aux Recommandations des Nations Unies sur la profession enseignante, reconnaissant que la pénurie persistante et croissante d'enseignant·e·s est exacerbée par les énormes difficultés rencontrées par les enseignant·e·s travaillant dans des contextes de crise.

Grâce au soutien financier des organisations membres de l’Internationale de l’Éducation, le programme du GUPT prévoit de se poursuivre dans les années à venir.