Les dirigeant(e)s de l’Internationale de l’Education de la région Asie-Pacifique se réunissent pour relever les défis de la région

Les dirigeant(e)s de syndicats de l’éducation de la région Asie-Pacifique ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une éducation de qualité pour tou(te)s, en luttant contre la privatisation de l’éducation à but lucratif, en encourageant le professionnalisme des enseignant(e)s et en exigeant le respect des droits humains et syndicaux des éducateurs/trices.

Réponse du gouvernement népalais au rapport de l’IE sur l’enseignement public du pays

A l’occasion de la 8e Conférence de la région Asie-Pacifique de l’IE, Seshnath Adhikari, le ministre de l’Education népalais, a annoncé son intention de faire passer les dépenses nationales en matière d’éducation à 15 pour cent du budget national en 2018 contre 10 pour cent à l’heure actuelle.

Il s’est par ailleurs penché sur les résultats du rapport de l’Internationale de l’Education (IE) sur l’appauvrissement du système scolaire public au Népal, présentés le 11 octobre dernier à Katmandou. Si seules deux écoles publiques ont été créées dans la région de Katmandou ces dix dernières années malgré la forte croissance de la population du pays, près de 100 écoles privées ont ouvert leurs portes au cours de cette même période, la plupart étant des établissements à but lucratif. Les participant(e)s à la Conférence ont insisté sur le fait que l’expansion fulgurante de l’éducation à but lucratif au Népal était le fruit de décennies de négligence vis-à-vis du système scolaire public du pays.

Ils/elles ont fermement condamné l’échec des autorités népalaises à garantir le droit de tous les enfants à une éducation de qualité, notamment des enfants issus de familles pauvres, et en particulier des filles, qui sont depuis longtemps fortement défavorisé(e)s. L’absence de cadre réglementant l’éducation privée et d’organes de surveillance a par ailleurs mené à la détérioration des standards professionnels et éducatifs au Népal, ont-ils/elles souligné. Dans le contexte des prochaines élections, la NNTA, la NTA et l’ISTU, des syndicats de l’éducation népalais, ont affirmé qu’ils allaient davantage faire pression auprès des partis politiques du pays afin qu’ils inscrivent l’enseignement public à l’ordre du jour de leurs actions et fassent passer les dépenses en matière d’éducation à 20 pour cent du budget national.

Appel au respect des droits humains et syndicaux des éducateurs/trices

La Conférence a adopté des résolutions proposées par des organisations membres, qui appellent: au respect des droits humains et syndicaux au Cambodge, à la reconnaissance et à la légalisation du KTU en Corée, au respect des droits des peuples autochtones de l’île de Mindanao aux Philippines, à la pleine application des droits à la négociation collective et à la mise sur pied de programmes visant à atteindre l’Objectif de développement durable 4 au Fidji, à la protection des droits des enseignant(e)s kurdes en Irak et à l’unité des organisations d’enseignants en Inde.

En outre, la Conférence a adopté les résolutions bannissant la privatisation et la commercialisation rapides des services d’éducation en Inde, en Indonésie et au Pakistan. Les dirigeant(e)s du secteur de l’éducation de la région Asie-Pacifique ont fait part de leur profonde inquiétude à l’égard de la déprofessionnalisation du secteur de l’éducation dans ces pays, où de plus en plus de personnel non qualifié est embauché sur une base contractuelle.Une résolution mettant en garde contre l’érosion du statut des enseignant(e)s dans la région Pacifique a également été adoptée.

La Conférence s’est penchée sur le problème de la violence scolaire, un phénomène qui gagne malheureusement du terrain dans de nombreux pays de la région Asie-Pacifique.

Appelant au respect des droits des peuples autochtones ainsi que des lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenres et intersexes (LGBTI) dans la région, la Conférence a recommandé aux organisations membres de l’IE de lutter contre la criminalisation et la discrimination à l’égard des personnes, des enseignant(e)s et des étudiant(e)s LGBTI en particulier, et d’élaborer des politiques ainsi que des programmes sur ces questions.

Séance en sous-groupes sur des enseignant(e)s de qualité

Une séance en sous-groupes ayant pour thème « Des enseignant(e)s de qualité pour une éducation de qualité » a également été organisée lors de la Conférence régionale, dans le cadre des consultations mondiales menées par l’IE afin de mettre au point sa toute première politique sur des conditions de travail et d’emploi de qualité, en reflétant le point de vue des syndicats d’enseignants, et sur les obstacles auxquels la profession enseignante doit faire face.

Les conclusions de cette séance, qui a abordé la réalité des enseignant(e)s dans la région Asie-Pacifique, serviront de base au document politique du Secrétariat de l’IE, qui sera adopté lors du prochain Congrès mondial de l’IE organisé à Bangkok en 2019.

Comité régional de l’IE pour la région Asie-Pacifique 2017-2021

Le Comité régional de l’IE pour la région Asie-Pacifique 2017-2021 a en outre été élu lors de la 8e Conférence de la région Asie-Pacifique de l’IE:

 

Président:

M. Masaki Okajima, JTU/Japon

 

Vice-président(e)s:

Mme Correna Haythrope, AEU/Australie

M. Ram Pal Singh, AIPTF/Inde

 

Membres du Comité:

M. Abdul Wahed Muhammad Haji, KTU/Irak

M. Babu Ram Thapa, NNTA/Népal

M. Harry Tan Hock Huat, NUTP/Malaisie

M. Hwang Hyunsu, KTU/Corée

M. Philip Junior Ika, SINTA/Îles Salomon

Mme Angela Wijesinghe, ACUT/Sri Lanka

Mme Milagros C Ogalinda, SMP-NATOW/Philippines

Mme Neselinda Neta, VTU/Vanuatu

Mme Ya Jing Li, NTA/Taïwan

M. Agni Deo Singh, FTU/Fidji

M. Indrasekhar Mishra, AISTF/Inde

M. P. Ramanathan, MAE/Malaisie

M. Raymond Basilio ACT/Philippines

M. Mukunda Gautam, ISTU/Népal

Mme Unifah Rosyidi, PGRI/Indonésie

 

Membres du Bureau exécutif de l’IE et du Comité régional de l’IE pour la région Asie-Pacifique:

Mme Susan Hopgood, Présidente de l’IE, AEU/Australie

Mme Okju Bak, KTU/Corée

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